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Apprivoiser la souffrance
(Petits Gestes et Grandes Joies)
Tous droits réservés
Ce texte a été publié en 1997
Son contenu n'est donc pas le reflet de ma vie actuelle
(Cette précision est indiquée à la suite d'une remarque d'une collègue de travail qui était déroutée en lisant des extraits de mon site. Elle ne comprenait pas ce que j'écrivais sachant que je suis mariée et que je suis heureuse. Elle m'a donc demandé d'ajouter cette précision)

Apprivoiser la souffrance
Respiration
Rester seul
Rupture
Lire et écrire
Effort

Apprivoiser la souffrance

Pourquoi parler de la souffrance dans un livre traitant du bonheur et de la joie? Tout simplement parce que la souffrance fait partie des expériences qu'un être humain doit traverser pour parvenir à jouir entièrement de sa liberté et pour accéder au bien-être. Pour l'un, ce sera la souffrance physique, pour un autre, la souffrance morale ou émotionnelle, mais chacun d'entre nous, je vous l'assure, a sa dose de souffrance à prendre.

Que faire avec cette souffrance? On aurait tendance, de prime abord, à penser qu'il faut fuir la souffrance, la faire taire ou encore la nier pour qu'elle ne nous empêche pas d'accéder à la joie. Rien n'est plus inexact, car plus on lutte contre la souffrance, plus elle risque de nous rattraper de plein fouet. Par ailleurs, et c'est là la bonne nouvelle, il y a plein de possibilités permettant d'accueillir la souffrance mais également de la laisser «passer», de l'empêcher de nous envahir totalement pour, éventuellement, la transformer en gain.

La souffrance, tant physique que morale, peut conduire au découragement, à l'obsession, à la colère, à la révolte, à la tristesse, à la dépression, à la dépréciation de soi, à la peur, à la culpabilité, et même à des idées suicidaires. Mal accueillie, la souffrance peut également emmener des maux encore plus graves que ceux qui sont à l'origine de cette souffrance, et finalement conduire la personne souffrante à l'inaction totale ou même à lamort.

Les statistiques sur les personnes atteintes de maladies graves pouvant être fatales démontrent que plusieurs de ces personnes ont subi un traumatisme psychologique important mais qu'elles n'ont pas été capables de vivre ce traumatisme de façon positive en essayant de comprendre la leçon de vie que cet événement leur procurait. Se refermant sur elles-mêmes et refusant d'entrer dans un processus dynamique pour accueillir la souffrance, la traiter et la dépasser, elles se sont tout simplement laissé écraser par la souffrance.

À l'inverse, on observe que plusieurs autres personnes, elles aussi atteintes de maladies dites incurables mais sans avoir eu de traumatismes psychiques graves, de très jeunes personnes par exemple, réussissent à traverser cette expérience difficile tout en conservant la paix et la sérénité. Dans son livre magnifique N'enseignez que l'amour, le docteur Gérard Jampolsky, s'inspirant d'un enseignement spirituel de notre époque, le Cours sur les miracles, préconise la guérison des attitudes. Voici, notamment, trois principes de la guérison des attitudes qui m'ont particulièrement touchée:

Maintenant est le seul temps qui soit. La souffrance, les reproches, les états dépressifs, la culpabilité et les autres formes de peur disparaissent lorsque l'esprit seconcentre sur l'instant présent avec amour et dans lapaix.

Nous prenons nos décisions en apprenant à écouter en nous-mêmes notre profond désir de paix. Un comportement n'est ni bon ni mauvais. Choisir entre l'amour et la peur est le seul choix qui ait un sens.

Le pardon est le chemin de la vraie santé et du bonheur. En ne jugeant pas, nous laissons disparaître le passé et nous abandonnons notre peur du futur. Nous comprenons alors que chacun nous enseigne que toute circonstance est l'occasion d'un surcroît de bonheur, de paix et d'amour.

Il n'est pas facile de savoir exactement pourquoi, face à la souffrance, une personne réagira plutôt positivement alors qu'une autre aura tendance à se laisser détruire. J'ose espérer que l'une des causes principales conduisant certaines personnes à réagir négativement aux épreuves de la vie est tout simplement le manque d'information et d'éclairage sur tout le phénomène de la souffrance et de la possibilité de la dépasser. En ce sens, je fais le voeu que ce livre réussisse à rejoindre le plus grand nombre de personnes souffrant physiquement ou moralement et qu'il les aidera à mieux traverser les épreuves que la vie leur envoie. J'espère aussi qu'en lisant ces quelques pages certains réaliseront qu'ils sont très souvent les auteurs mêmes de leur souffrance parce qu'ils n'ont pas appris à travailler sur leur perception des événements et à contrôler leurs pensées et leurs actes lorsque ces événements se produisent.

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Si, en ce moment, vous souffrez beaucoup physiquement ou moralement, ou les deux à la fois, vous hausserez sans doute les épaules et serez très sceptique en commençant à lire cette section du livre. Vous penserez peut-être que je suis très loin de la souffrance pour me permettre de tels propos. Or il n'en est rien; au contraire, c'est précisément parce que, en ce moment, je souffre avec grande intensité quej'ai décidé d'ouvrir cette parenthèse au sujet de la souffrance.

Sans vouloir m'éterniser sur ma propre souffrance, je veux cependant partager avec vous le fait que j'ai vécu et continue à vivre, depuis presque deux ans, plusieurs détachements importants: d'abord la rupture avec mon conjoint, un déménagement qui m'a fait quitter une maison dans laquelle je vivais depuis huit ans, le décès de ma mère quelques mois plus tard, puis, après des retrouvailles de quelques semaines avec mon ex-conjoint, une deuxième rupture, définitive cette fois.

Un événement tragique m'a aussi affectée profondément. En effet, la fille de mon ex-conjoint, que je considère comme ma petite soeur et qui n'a pas trente ans, a subi un dérèglement physiologique qui l'a obligée à s'astreindre à une longue réhabilitation. Cependant, son courage et sa ténacité face à cette épreuve sont pour moi une vraie leçon de vie pour apprendre à apprivoiser la souffrance.

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Par la suite, une nouvelle relation s'est amorcée dans ma vie; je l'ai accueillie avec beaucoup d'espoir et de confiance parce qu'elle était basée initialement sur une amitié profonde de longue date et, de prime abord, sur de très nombreuses affinités tant spirituelles que psychologiques. Malheureusement, cette nouvelle relation a dû subir une interruption d'autant plus douloureuse que la volonté de réussite était très présente dans mon coeur et dans ma tête. La mise en veilleuse d'un espoir est toujours extrêmement pénible, surtout si cet espoir est caressé depuis plusieurs années.

Je souffre donc beaucoup parce que les événements douloureux se sont succédé dans ma vie à un rythme qui ne m'a pas vraiment permis de reprendre complètement le dessus émotionnellement. Fort heureusement, je jouis d'une excellente santé physique et d'un bon équilibre mental, sûrement à cause de mon hérédité, mais également en raison de mon style de vie propice au bien-être. En effet, comme vous l'avez déjà constaté en lisant les chapitres précédents, je mange bien, je fais beaucoup d'exercices physiques, je marche quotidiennement au grand air, je rédige régulièrement des programmations du subconscient et, surtout, j'essaie d'entretenir, la plupart du temps, des pensées de paix, de joie et d'amour.

Par ailleurs, au moment où j'écris ces lignes, mon coeur souffre tellement que je me demande même si je ne présenterais pas encore quelques symptômes de dépendance affective malgré tout le chemin déjà parcouru et tout le progrès accompli au cours des deux dernières années. Il n'est pas toujours évident de faire la part des choses et de savoir si une souffrance est légitime et saine, ou si elle n'est que le résultat d'une mauvaise perception des événements ou, encore, d'un ego trop fort.

Lâcher prise de ses rêves d'amour, renoncer à vivre l'attachement émotionnel, laisser de côté l'amour romantique pour enfin apprendre à s'aimer soi-même et pour éventuellement accéder à l'amour véritable, tout cela n'est pas quelque chose de facile et ni qui s'accomplit instantanément. On a parfois l'impression que le plancher va s'ouvrir sous ses pieds et que l'on va se retrouver au fond d'un ravin. On regarde autour de soi, on ne voit que des couples heureux, même si l'on sait très bien que les apparences peuvent être trompeuses, on pense à tout ce qui ne sera plus et qui était bon. On appréhende aussi le quotidien qui aurait pu être tellement agréable à deux. Comment envisager de fleurir l'extérieur, d'installer le barbecue sur la terrasse ou encore de sortir le vélo alors qu'on est désormais seul pour en profiter? Voilà le défi, et voilà pourquoi j'ai voulu «prendre le taureau par les cornes» et ne pas me laisser abattre par cette souffrance.

Je suis cependant persuadée que ce nouveau détachement important de même que cette souffrance intense ne sont ni inutiles ni absurdes. J'ai donc décidé de replonger dans mes lectures de chevet et, pour la première fois de ma vie, de porter une attention toute particulière à cet aspect de la vie qu'est la souffrance en étudiant attentivement les conseils de mes maîtres à penser en ce domaine. Du même coup, j'ai aussi décidé d'écrire cette section du livre pour partager avec vous le bénéfice de cette expérience difficile mais constructive.

Ma souffrance représente alors un cadeau que la vie nous offre, à vous comme à moi, car elle me permet de vivre plus consciemment l'expérience de cette souffrance, de tenter de trouver les attitudes les plus positives à adopter pour l'accueillir et, enfin, de vous transmettre au mieux de mon vécu ce que j'en ai fait. Voici donc, dans les pages qui suivent, le résultat de cette démarche.

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Travailler sur la respiration pour dénouer les noeuds

Le bébé qui souffre a comme première réaction de pleurer et même de s'évanouir pour éventuellement arrêter de respirer. Cette habitude face à la souffrance, l'adulte la conserve. Il a le souffle court lorsqu'il est malheureux. Agir sur la respiration est d'une aide incroyable pour entamer le travail d'accueil de la souffrance.

Plusieurs auteurs traitent de la respiration et tous s'entendent pour dire qu'elle doit être régulière et profonde, et qu'elle doit avoir son origine dans l'abdomen. Dans Approches de la vie intérieure, Lanza Del Vasto nous invite à observer la respiration d'une personne qui dort pour bien comprendre ce qu'une bonne respiration doit être.
 

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Rester seul le plus longtemps possible tout en ayant la possibilité d'être en contact avec un réseau de soutien en cas de besoin

Plus les anesthésiants sont nombreux et fréquents, plus la souffrance risque de durer. J'ai fait une expérience des plus intéressantes cet après-midi même. Depuis le matin, je ressentais une grande tristesse et je me suis débattue comme un diable dans l'eau bénite pour la combattre. Il faut dire que je traînais une inquiétude depuis un peu plus d'un mois et qu'un appel téléphonique est venu, hier, ajouter à ma difficulté émotionnelle. J'ai donc pris un bon déjeuner, puis je suis allée marcher en forêt avec ma chienne et me suis même arrêtée au lac pour qu'elle se baigne quelques minutes après notre longue randonnée. Tout au long de ces activités, je ne me sentais pas vraiment heureuse et enpaix.

À mon retour, ne pouvant envisager de continuer à souffrir ainsi, j'ai donc décidé de téléphoner à mon frère, qui réussit toujours, par ses paroles pleines de bon sens, à me faire cheminer. Je me suis cependant rendu compte que pendant tout le temps de notre conversation, qui a duré plus d'une heure, je conservais toujours une douleur à la poitrine et sentais les larmes me monter aux yeux. C'est à ce moment-là que j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de faire face à ma souffrance.

Après avoir terminé mon entretien avec Louis, j'ai pris un bain tiède, ai laissé mes larmes couler doucement sur mon visage bouffi, puis suis allée m'étendre sur mon lit même s'il n'était que quatre heures de l'après-midi. Et là, je me suis mise à l'écoute de ma «petite Michèle»; et j'ai compris la profondeur de son désarroi face aux limites actuelles de ma capacité de l'aimer et face à l'incapacité de mon ami de coeur de nous aimer, elle et moi, comme nous méritons de l'être.

J'ai alors renouvelé à son endroit mon serment d'amour inconditionnel et j'ai, à nouveau, pris l'engagement de l'aimer mieux, de la chérir davantage, de l'estimer telle qu'elle est et non telle qu'on a voulu qu'elle soit, de la respecter aujourd'hui et à jamais, et de faire en sorte qu'on la respecte sans concessions, compromis ou réserves. J'ai alors senti la tristesse s'atténuer et le chagrin fondre comme neige au printemps, et j'ai finalement perçu, à travers les larmes qui coulaient encore, un sourire de bonheur, le plaisir d'être reconnue et appréciée.

Nous avons alors, la «petite Michèle» et moi, renoué le dialogue si souvent interrompu, et réalisé, une fois de plus, comment nous formons un tout. Nous avons compris qu'ensemble, l'une pour et avec l'autre, nous pouvons combler tous nos besoins et atteindre, à l'intérieur de cette symbiose amoureuse, la paix, la joie et la sérénité.

Contrairement à d'autres temps pas si lointains, où j'aurais tout simplement quitté la maison pour me rendre à la piscine ou tenté de joindre quelqu'un par téléphone, j'ai plutôt décidé de me retirer avec moi-même, de faire prendre son bain à la «petite Michèle», puis de m'étendre avec elle pour accueillir son chagrin, l'accepter comme valide et le comprendre, et pour la rassurer sur l'intensité et la permanence de l'amour que je ressens pour elle afin que, à nouveau, elle me pardonne les abandons qui caractérisent notre relation lorsque je me préoccupe plus des autres que d'elle.

Le travail d'accueil de la souffrance ne veut pas dire être masochiste et penser délibérément et avec obsession à ce qui nous fait mal. Il signifie seulement entrer en soi, prendre contact avec cette souffrance et lui demander ce qu'elle a à nous dire. Une fois cette compréhension établie, la souffrance passera comme un nuage qui ne reste pas en place dans le ciel.

Vivre un rejet de la part de notre amoureux éveille très certainement en nous les rejets vécus dans notre enfance. Il est même très fréquent que l'on choisisse justement des partenaires qui agissent en tous points comme ce parent de qui l'on a senti un rejet et dont on n'a jamais accepté l'absence d'amour. On essaie donc, mais en vain, de se faire aimer par une personne qui n'est pas encore capable d'amour véritable, pour finalement se faire rejeter à nouveau.

Pour être certaine de vivre le rejet qu'elle recherche inconsciemment, une personne qui souffre de dépendance affective aura toujours tendance à choisir, comme partenaire, une personne qui a peur d'aimer et, encore plus, d'être aimée. Par ailleurs, ces deux personnes, celle qui est dépendante de même que celle qui a peur d'aimer et d'être aimée, agissent ainsi parce qu'elles n'ont jamais eu la chance d'apprendre à s'aimer elles-mêmes. Elles incarnent malheureusement le résultat d'une perception fausse d'elles-mêmes, perception bâtie au fil de leur vie, sur le faire et le paraître, au lieu de l'être. Pour sortir de ce cercle vicieux, il n'y a qu'une solution: apprendre à connaître son «moi véritable» et permettre à celui-ci de s'exprimer librement. Fort heureusement, cette tâche peut être accomplie quel que soit notre âge et quelle que soit la profondeur de nos carences.

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Ces partenaires qui nous font tant souffrir, qui ne sont pas encore capables d'amour véritable mais qui font pourtant des efforts sincères pour devenir des virtuoses de l'art d'aimer, nous sont cependant nécessaires pour apprendre l'amour de soi et pour apprendre que l'on ne doit jamais confier notre bonheur à une autre personne. Voilà une clé fondamentale pour comprendre le message de cette forme de souffrance.

D'autres souffrances, physiques, morales ou émotionnelles, sont également surmontables par l'accueil réel et la compréhension du message qu'elles contiennent.

Pour bien vivre le processus d'accueil de la souffrance, il est préférable de ne pas prendre de médicaments, sauf en cas d'extrême nécessité. Mais, si vous êtes déjà sous traitement médical et qu'on vous a prescrit des médicaments, je vous suggère de parler à votre thérapeute de la démarche que vous voulez entreprendre avant de supprimer les médicaments ou d'en modifier la posologie.

Un réseau de soutien est évidemment une bonne soupape de sûreté pour les heures les plus sombres au cours desquelles vous aurez peut-être l'impression de déraper. Un simple appel téléphonique ou encore une rencontre de quelques minutes suffiront sans doute pour vous redonner confiance dans votre démarche d'accueil de la souffrance. Mais il n'est surtout pas conseillé de s'étourdir et de fuir, car l'objectif poursuivi ne serait sûrement pas atteint.

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En cas de rupture

En cas de rupture, couper tout contact avec la personne de qui on se sent rejeté et renouer avec son enfant intérieur.

Il n'y a rien de pire que de tourner le fer dans la plaie et de continuer à argumenter avec la personne qui ne veut plus de vous. À partir du moment où vous constatez que votre ami de coeur, votre copain ou même un membre de votre propre famille ne vous respecte pas et se conduit à votre égard comme si vous étiez un objetau lieu d'un sujet, je n'ai qu'un seul conseil à vous donner: déguerpissez de là, et vite. Par la suite, astreignez-vous à une discipline rigoureuse consistant à ne téléphoner à ladite personne sous aucun prétexte et, si c'est elle qui vous appelle, à limiter la conversation au strict minimum.

J'ai personnellement beaucoup de difficulté à ne pas exprimer ma peine ou ma déception lorsque le hasard m'oblige à communiquer avec une personne dont je me sens rejetée; alors j'essaie de n'avoir aucun contact destructeur.

Cette façon de réagir préservera votre dignité et votre paix intérieure. Cela ne vous empêchera pas de continuer à aimer cette personne, mais cette attitude vous aidera à vous dégager d'elle plus rapidement. Puisqu'elle ne veut pas de vous, autant ne pas insister et prendre désormais l'habitude de rechercher des partenaires qui vous démontreront un amour véritable et une estime réelle. Malheureusement, il est fréquent qu'on soit obligé de traverser plusieurs relations avant d'apprendre à ne pas tomber dans le piège des amours difficiles mais nécessaires. Mon frère Louis, par exemple, parle très ouvertement de ses six femmes «magiques» qui l'ont presque fait mourir de peine, jusqu'au jour où il a décidé, une fois pour toutes, d'en finir avec ce scénario, de prendre contact avec l'enfant en lui, de se procurer lui-même l'amour inconditionnel et de ne plus tomber dans le panneau de la dépendance affective.

Ce même frère a vécu trois graves opérations à coeur ouvert au cours desquelles on lui a installé des valves artificielles pour lui permettre de vivre plus confortablement. Selon ceux et celles qui sont passés par là, ces interventions sont pénibles et occasionnent de grandes souffrances. Eh bien, quelle ne fut pas ma surprise de l'entendre dire, dernièrement, que ses souffrances morales à la suite de peines d'amour et de sentiments de rejet étaient de loin ce qu'il avait vécu de plus difficile à endurer et dépassaient largement les pires souffrances physiques qu'il ait jamais connues. Selon lui, ces souffrances morales liées au rejet viennent nous chercher au plus profond de notre être puisqu'elles sont liées à l'enfance. Parfois, elles deviennent tellement intolérables que la personne qui en souffre peut vouloir s'enlever la vie ou désirer faire mourir celui ou celle qui lui occasionne une telle souffrance. On remarque, en effet, un grand nombre de meurtres passionnels, souvent suivis de suicides, liés à ces souffrances morales.

Mon frère Louis a aussi vécu une autre très grande souffrance dont il parle très ouvertement lorsqu'il agit en relation d'aide ou fait des témoignages publics. En effet, il y a plusieurs années déjà, il a cessé de consommer de l'alcool après de nombreuses années de dépendance à cette substance, dépendance qui ne l'a cependant pas empêché de terminer ses études et d'occuper un très bon emploi. Mais, comme il me le disait encore dernièrement, cette grande souffrance occasionnée par le fait d'arrêter de boire a, elle aussi, été moins pénible que la souffrance morale ressentie pour se débarrasser de la dépendance affective. Il dit, à la blague, qu'arrêter de boire c'est «de la petite bière», comparé au travail à effectuer et à la souffrance à traverser pour prendre contact avec l'enfant en soi et devenir son propre parent. Il est cependant persuadé que c'est de loin le travail le plus important et même le seul travail essentiel pour arriver à la paix intérieure.

Il se plaît souvent à me dire que c'est sûrement la «petite Michèle adaptée» qui m'a conduite vers la programmation du subconscient, pour me faire effectuer un long détour et éviter le plus longtemps possible ma rencontre avec la «petite Michèle saine». Je ne lui donne pas tout à fait tort mais, cela étant dit, je ne regrette pas ce fameux détour qui m'a quand même permis de régler certains autres problèmes qui me dérangeaient. Par ailleurs, peut-être que, plus jeune, je n'aurais pas eu la force, la volonté et la persévérance de me rendre au bout de la démarche que j'ai effectuée, avec son aide, au cours des deux dernières années.

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Mon frère suggère que l'on remercie nos bourreaux de coeur au lieu de les blâmer de ne pas avoir vraiment livré la marchandise d'amour promise, car, selon lui, ils ont justement été placés sur notre route pour nous faire revivrela souffrance initiale tant et aussi longtemps que nousn'aurons pas compris où se situe le chemin de la délivrance.

Il a sûrement raison, d'autant plus que, une fois rendu sur la bonne route, on comprend désormais que «tout ce qui brille n'est pas or» et on ne se laisse plus séduire par de belles paroles ou une apparence accrocheuse. Sur cette route, les princes charmants de pacotille sont démasqués très rapidement et tous leurs beaux discours d'authenticité doivent être traduits en actions pour devenir crédibles. Cela prend souvent plusieurs années avant d'atteindre cette route de lucidité et de clarté émotionnelle, mais, fort heureusement, ce cheminement ne saurait briser un idéal personnel et une foi sincère dans la possibilité de vivre une vie de couple harmonieuse.

À ce propos, je lisais récemment, et cela m'a fait sourire, que si, dans les contes de fées, les crapauds se changent en prince charmant, dans la vraie vie ce seraient plutôt les princes charmants qui se changent en crapaud! Mais on dit aussi qu'il n'y a pas de cas désespérés. En feuilletant le Petit Robert, dernièrement, je suis tombée sur cette phrase de Victor Hugo: «J'étais en porte-à-faux, je me suis redressé.» Mon ami Victor Hugo voulait-il ainsi me donner une lueur d'espérance ou simplement m'apprendre le pardon et la tolérance?

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Lire et écrire

Lire des textes sur le sujet et écrire ce que l'on ressent ainsi que nos prises de conscience.

On trouve maintenant de nombreux livres qui aident les gens à comprendre leur problème et à voir comment d'autres personnes ont traversé des difficultés semblables. Par exemple, Adieu, de Howard M. Halpern, ainsi que Aimer, perdre et grandir, du père Jean Monbourquette, sont des aides précieuses pour toute personne devant vivre une rupture, qu'il s'agisse d'une séparation ou de la mort.

Écrire est aussi une thérapie très efficace pour se libérer d'une souffrance et pour la dédramatiser. Vous n'êtes pas obligé de publier ce que vous écrivez, ni même de le faire lire à quiconque. N'écrivez que pour vous, pour bien identifier toutes les émotions que votre souffrance vous fait vivre et pour vous rendre compte de toutes les constatations qu'elle vous amène à faire sur votre vie.

Voici une façon efficace de mieux vivre une souffrance occasionnée par la perte d'une personne, d'un emploi ou de toute autre chose qui nous paraissait indispensable: il s'agit de faire un effort pour regarder le plus objectivement possible cette personne ou cette chose que nous avons perdue, et de mettre sur papier les aspects difficiles que nous n'avons jamais voulu admettre concernant cette situation.

En utilisant cette méthode, je me suis amusée à découvrir et à écrire les caractéristiques que pourrait présenter un être qui ne nous aime pas véritablement, et j'ai été très surprise du résultat. En effet, je me suis rendu compte que, malgré l'évidence, l'on s'acharne parfois à imaginer la personne que l'on aime d'une façon totalement différente de ce qu'elle est réellement.

Caractéristiques d'un être qui ne vous aime pas véritablement

Il ne fait pas ce qu'il dit (avec vous) et il ne dit pas ce qu'il fait (avec l'autre).

Il ne vous dit pas: «Je t'aime», il vous dit: «Je t'aime, mais...»

Il vous parle toujours du bonheur que vous vivrez, avec lui, dans l'avenir pour vous faire supporter le malheur que vous vivez, avec lui, au présent.

Il se voit avec vous pour l'éternité en oubliant l'enfer dans lequel il vous plonge dans la quotidienneté.

Il vous donne le sentiment d'être une personne très importante lorsque vous n'êtes pas disponible, puis vous traite comme un objet à partir du moment où il réalise que vous l'aimez sincèrement et que vous voulez partager sa vie.

Je vous propose une autre façon efficace de traverser plus sereinement une perte ou un deuil: sur une feuille de papier que l'on a séparée en deux, on écrit d'abord ce que l'on ne trouvait pas agréable dans ce qu'on a perdu, puis ses aspirations au sujet d'une nouvelle situation. En agissant de la sorte, on évite de penser inlassablement aux beaux côtés de ce qui a été perdu et on se donne toutes les chances de faire arriver ce à quoi on aspire.

Voici, à titre d'exemple, ce qu'on pourrait écrire à la suite d'une rupture.

Ce que je n'ai plus envie de vivre dans une relation de coeur:

l'amour au compte-gouttes;
les vacances de Noël, de Pâques et d'été tout seul;
la mesquinerie;
le chantage émotionnel;
le non-engagement;
l'instabilité;
être traité comme un objet;
l'absence de projets;
l'absence d'humour;
la torture mentale.

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Ce que j'ai envie de vivre dans une relation de coeur:

l'amour disponible;
des projets de vacances avec la personne qu'on aime;
la générosité;
la confiance;
l'engagement;
l'équilibre;
être traité comme un sujet;
des projets à court, moyen et long terme;
la joie de vivre, la détente et la fantaisie;
la paix du coeur et de l'âme.

Cette façon de procéder n'est évidemment pas toujours nécessaire et n'a pas pour objectif de vous amener à prendre en grippe la personne ou l'objet que vous avez perdu. Elle vise simplement, lorsque c'est nécessaire, à vous permettre d'accueillir une nouvelle perspective de la situation passée en la relativisant et en dédramatisant votre perte. Elle vise aussi, avant toute chose, à vous offrir une vision positive de l'avenir. C'est la chenille qui devient papillon!

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Faire un effort pour constater ses principales ressources et pour travailler sur l'estime de soi.

On sait que les problèmes de santé, des plus petits aux plus graves, affectent les personnes qui en souffrent. Il en est de même pour tous les problèmes d'ordre moral ou psychologique qui viennent nous hanter jour et nuit à certaines périodes de la vie. Troubles de santé, perte d'un emploi, perte d'un être cher qui nous quitte pour une autre personne, départ d'un enfant de la maison, décès d'un animal de compagnie et revers financiers sont autant d'occasions de souffrir, mais également de survivre en devenant plus fort et plus conscient après avoir traversé l'épreuve.

Nous ne sommes pas toujours conscients de notre potentiel et de ce qui fait de soi quelqu'un d'unique. Lorsque nous traversons une épreuve, nous avons plutôt tendance à nous dévaloriser et à penser que l'on ne vaut pas grand-chose. Voilà donc une occasion inestimable de nous mettre en quête de nos «plus» durant cette période difficile. J'ai énormément d'exemples de personnes qui ont réagi ainsi au cours d'une épreuve et qui ont découvert en elles des qualités et même des dons qu'elles ignoraient posséder.

Hélène, une ancienne collègue de travail dont l'ami de coeur avait décidé de vivre avec l'une de ses meilleures amies, m'a confié s'être inscrite, pendant un certain temps, à des cours tous les jours de la semaine parce qu'elle était incapable d'affronter sa solitude à la suite de cette rupture. Peut-être a-t-elle prolongé ainsi sa souffrance mais, au passage, elle s'est découvert un talent exceptionnel pour la peinture à l'huile, particulièrement pour le portrait. À la fin de l'année, elle dépassait même le professeur. Pourtant, auparavant, elle n'avait jamais eu l'ombre d'une idée du grand talent qui dormait en elle.

Je me souviens aussi de Liette, rencontrée lors d'un séjour au centre de thalassothérapie à Paspébiac, en Gaspésie. Son histoire est tellement pathétique mais, en même temps, si positive. Liette était mariée, avait deux enfants et travaillait comme institutrice. Du jour au lendemain, elle se retrouve à l'hôpital en fauteuil roulant, avec un diagnostic de sclérose en plaques et un pronostic très sombre quant à la possibilité de remarcher un jour. «Tout dans ma vie a basculé d'un seul coup, m'a-t-elle dit lors de notre première rencontre. En quelques semaines seulement, j'ai perdu ma santé, mon mari, qui est venu me faire signer des papiers de divorce à l'hôpital, mes enfants, qui sont demeurés temporairement chez leur père, mon emploi, ma maison, mon chien et mon chat.»

Liette m'a avoué avoir pensé au suicide, mais elle n'a pas mis son projet à exécution. Au contraire, elle a décidé de se battre et de remarcher un jour. Au moment de notre rencontre, elle marchait déjà avec une canne, après plusieurs mois de physiothérapie. De plus, elle aussi avait commencé à peindre et raffolait de cette nouvelle forme d'expression. J'ai reçu, à quelques reprises, des cartes de Noël qu'elle fait elle-même et jesuis toujours émerveillée de leur beauté. Liette a aussientrepris des cours de pause de voix et de chant classique.

Depuis quelques années, Liette vit seule dans sa propre maison où ses deux enfants la visitent fréquemment et elle a un petit chat qu'elle a appelé Mozart. Elle m'a confié que, n'eût été cette maladie, elle serait probablement demeurée avec le père de ses enfants, avec lequel elle n'avait pourtant plus tellement d'affinités, et n'aurait pas découvert le monde merveilleux dans lequel elle vit maintenant en dépit de son handicap.

Pour ma part, je suis toujours heureuse de réaliser que le fait de vivre certaines difficultés me stimule à vouloir aider d'autres gens, notamment en écrivant un livre. Je combats ainsi la déprime et me donne la chance de me sentir utile auprès de plusieurs personnes, même si, par exemple, une personne en particulier s'est éloignée demoi.

Ma nature de sauveur m'a souvent conduite vers des partenaires en difficulté que je ne réussis évidemment jamais à sauver puisque de tels sauvetages ne sauraient être dans l'ordre des choses. Je me suis donc chaque fois retrouvée bredouille, avec un sentiment de rejet et uneimpression d'échec à l'égard de ma tentative de sauvetage. Mais j'ai la conviction que ce besoin de sauver est disparu à tout jamais, pour faire place à un désir d'union sereine entre deux personnes libres et bien dans leur peau.

Toutes mes pensées sur le couple sont maintenant fixées sur cette réalité. Désormais, une vie de couple paisible et heureuse ne me conduira pas à l'inaction puisque, étant devenue mon propre parent, je n'attendrai plus jamais qu'un partenaire me procure sécurité, paix et bonheur.

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Je cultive donc le plaisir d'imaginer une union toute simple dans laquelle les deux partenaires ont suffisamment d'espace pour utiliser leurs énergies créatrices, mais ressentent un réel bonheur à partager le quotidien. Et si la vie ne m'apporte pas la concrétisation de ce désir, j'aurai quand même eu la joie de cultiver ce rêve tout en profitant de la beauté de chaque instant offert si généreusement par cette vie magnifique.

Pleurer abondamment, exprimer sa colère ou toute autre émotion ressentie au cours du processus d'accueil de la souffrance.

Il est possible et même probable que le processus d'accueil de la souffrance vous amène à pleurer considérablement, à exprimer votre colère par le cri primal et à imaginer que ce torrent de larmes n'aura jamais de fin. Mais, je peux vous l'assurer, il se tarira au bout d'un certain temps. Certaines personnes pleurent plusieurs jours de suite, alors que, chez d'autres, les pleurs sont concentrés en quelques séances plus espacées mais qui durent quand même plusieurs heures à la fois.

Empêcher ces larmes de couler ne peut vous aider d'aucune façon. Au contraire, leur permettre de remplir votre puits d'amour fera en sorte que vous ne sentirez plus jamais la soif d'attachement et d'amour que la dépendance affective vous conduisait à éprouver.

Une fois votre puits d'amour bien plein, vous serez aussi capable de donner de l'amour à d'autres personnes puisque vous aurez réussi à transformer toute forme de souffrance en forces positives. La pierre philosophale et la fontaine de Jouvence se résument, à mon avis, à cette alchimie magnifique que l'être humain peut accomplir en prenant contact avec l'esprit en lui.

Écouter des cassettes avant de s'endormir

Comme nous l'avons vu déjà, la fatigue est l'un des ennemis du bonheur. Or le sommeil réparateur est un élément essentiel si l'on veut se sentir reposé et en pleine possession de toutes ses facultés.

Lorsqu'une personne fait un travail d'accueil de la souffrance et de prise de contact avec l'enfant en elle, il arrive fréquemment que ses énergies augmentent soudainement et la tiennent éveillée. Parfois, il ne s'agit que d'un surplus d'énergie alors que, en d'autres occasions, c'est l'enfant qui ressent le besoin de s'exprimer. Il ne faut pas forcer le sommeil, mais tout simplement favoriser une bonne détente pendant les heures de repos.

J'ai toujours, à portée de la main, quelques cassettes que je peux écouter au moment de me coucher si je sens que je ne suis pas disposée à écouter calmement le silence et si je crains d'être perturbée par des idées négatives. Ce truc est très efficace; il m'a permis, à plusieurs reprises, de m'endormir paisiblement au son de la voix de Jean-Marc me faisant rencontrer mon ange gardien, de Lise me parlant du dauphin Boule-de-rêves ou de Josette m'expliquant les amours difficiles mais nécessaires.

Décider d'accueillir sa souffrance demande du courage, mais ceux et celles qui choisissent cette voie deviennent graduellement de plus en plus conscients de leur être véritable, au-delà de leur corps, au-delà de leur mental et au-delà de leurs émotions. Cependant, pour arriver à cette conscience pleine et entière, il faut justement passer par le contact réel avec ce corps, ce mental et ces émotions, mais en ayant la conviction intime que l'on est en train de devenir complètement maître de ceux-ci et non pas leur esclave.

Il y a quelque temps, j'ai eu la chance de rencontrer Lynda, une personne très spéciale qui m'a beaucoup inspirée dans ma démarche. Elle m'a fourni une phrase toute simple à lire régulièrement et je veux la partager avec vous parce que, malgré sa simplicité, elle recèle une force incroyable. Lorsque vous serez un peu abattu ou découragé, lorsque vous douterez que vous puissiez atteindre le but de la libération, je vous encourage fortement à lire cette phrase et à penser à tout le chemin déjà parcouru et à la personne que vous êtes devenue depuis que vous avez décidé d'affronter l'obstacle. Fermez les yeux, respirez profondément et répétez, autant de fois qu'il sera nécessaire, cette phrase que je vous encourage à mémoriser: Je suis maître de ma vie et je suis maître de mes décisions.

Pourquoi apprivoiser la souffrance?

J'ai beaucoup souffert. J'ai tellement souffert, qu'il m'est arrivé de croire que la souffrance allait me faire mourir. Et puis, un jour, j'ai décidé de faire de cette souffrance une amie et une alliée. Cette nouvelle attitude m'a ouvert les portes de l'amour, de la paix et de la joie.

Une vérité s'est alors imposée à moi: cesser de lutter, lâcher prise, ce n'est pas cesser d'aimer. Au contraire, c'est se jeter à corps perdu dans l'amour sans rien attendre en retour. C'est rencontrer sa souffrance au carrefour de l'amour et la transformer en conte de fées.

Mais oui, les contes de fées existent quand on est soi-même une fée ou un bon génie, et que l'on décide de tisser sa vie de merveilleux et de magique.

Apprivoiser la souffrance est donc une façon d'améliorer sa qualité de vie et de cultiver le bien-être en dépit des imprévus, qui sont inévitables au cours d'une vie. C'est aussi une façon de mieux comprendre et d'aider plus efficacement les gens autour de soi qui ont, eux aussi, des épreuves à traverser.

Depuis que j'ai opté pour cette nouvelle attitude d'accueil de la souffrance, j'ai constaté que la vie m'apportait des compensations incroyables dont je n'aurais sûrement pas profité si je m'étais repliée sur moi-même et sur ma déception. Par exemple, l'interruption brutale de ma relation avec mon ami a créé un vide immense et a, bien sûr, provoqué un flot de larmes au cours des derniers mois. Par ailleurs, l'été que j'entrevoyais épouvantable s'est avéré extraordinaire de belles expériences et de rencontres intéressantes.

En effet, ma grande amie Yvonne a décidé de vivre tout un mois en ma compagnie, à la grande joie de mes trois animaux, Chaton, Filou et Soleil, qui ont, tout comme moi, apprécié sa présence durant cette période. Elle m'a également demandé de l'aider à mettre en pages un manuscrit qu'elle espère publier bientôt, ce que j'ai accepté avec plaisir. Lorsqu'on permet à l'amour d'entrer dans sa vie, sans y mettre de conditions ou de formes, on est parfois étonné du résultat.

Ces précieux mois de solitude ne sont pas toujours faciles, mais ils m'apprennent que libérer l'esprit d'un autre libère aussi le sien. Ces longs mois d'absence de contact avec l'être aimé, au cours desquels j'ai décidé de me ranger du côté de la vie plutôt que de me laisser abattre par la souffrance, renforcent aussi ma conviction profonde que l'amour finit toujours par reprendre ses droits, même s'il faut, pour cela, y mettre le temps nécessaire.
 

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