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Pour le bien-être de l'âme
(Petits gestes et Grandes Joies)
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©Libre Expression


L'âme en repos: un rien la touche, rien ne l'atteint.
Louis Pauwels

Pour le bien-être de l'âme

Mes dix ressources de choix pour favoriser la vie spirituelle 

Appeler la conviction
Cultiver l'espérance
Pratiquer la charité
Combattre les vices
Les commandements de Dieu
Prier mentalement ou à haute voix
Musique qui fait du bien à l'âme
Contact heureux avec la nature
Lire des textes sacrés
Écouter le silence
 
 
 

 


 
 
Pour le bien-être de l'âme

Au moment où j'écris ces lignes, nous sommes le 3 mai, il est huit heures du matin et je reviens d'une longue marche avec ma chienne, Soleil. J'ai profité du soleil levant pour aller m'aérer la tête et les poumons, car on annonce de la pluie pour cet après-midi et ce soir.

Chemin faisant, j'ai inspiré profondément en comptant jusqu'à trois et en imaginant que l'énergie et la santé me comblaient de bonheur. J'ai retenu tout ce positif à l'intérieur de moi, puis j'ai expiré la fatigue, l'insécurité et la peur.

Je marchais d'un pas rapide pour me rendre sur le golf à quelques minutes de ma maison. J'ai répété à plusieurs reprises les phrases «Petite Michèle, je t'aime» et «Lumière, montre-moi où tu te trouves», en sachant bien que je m'étais promis d'écrire, à mon retour, cette section sur le bien-être de l'âme.

Une fois arrivée sur le golf, je me suis rendue sur une immense roche où j'aime m'asseoir pour méditer et prier. Je voyais le soleil et sentais sa chaleur, j'entendais le chant des oiseaux et du vent, et je regardais avec le sourire ma belle Soleil gambader sur les rochers comme une chèvre de montagne. Un sentiment de plénitude m'a envahie totalement et je me suis demandé comment il se faisait qu'à peine une semaine auparavant j'étais inquiète et nerveuse. J'ai réalisé qu'une fois encore mes difficultés se situaient beaucoup plus au niveau matériel et émotionnel qu'au niveau de l'âme.

Me posant inlassablement les mêmes questions au sujet de ma maison qui exige beaucoup d'entretien, de mon travail qui me laisse peu de temps libre et de marelation de couple dont je ne peux prévoir le dénouement, je peux facilement me laisser envahir et broyer du noir. Par ailleurs, si je réussis à regarder très objectivement tous ces aspects de ma vie, puis à prendre du recul, je redeviens instantanément dégagée et souriante. «Voilà en quoi consiste le bien-être de l'âme», ai-je réalisé, toujours assise sur ma grosse roche comme un lézard qui se réchauffe au soleil.

Et plus se prolongeait cet état de grâce et de bien-être, plus je ressentais le besoin de remercier mon Créateur parce qu'une autre belle journée m'était donnée pour évoluer et pour goûter au plaisir d'être vivante. J'ai aussi pensé à Victor Hugo, mon ami invisible, et à ces phrases qu'il a écrites un jour et que cite Louis Pauwels: «Je veux écrire un livre où je montrerai que la prière est nécessaire, utile, efficace. Je ne passe pas quatre heures de suite sans prier. Je prie régulièrement, chaque matin et chaquesoir.» Je me suis dit que, décidément, nous avions beaucoup en commun.

Revenant en pensée à cette partie de mon livre et à la façon de l'aborder, j'ai fait une prise de conscience intéressante. La voici: dans notre vie moderne, lorsqu'on parle de l'âme, c'est souvent pour exprimer l'insatisfaction plutôt que le bien-être. Remarquez les expressions les plus fréquemment utilisées: avoir mal à son âme, âme en détresse, vague à l'âme, âme tourmentée, pour ne citer que celles-là, et constatez qu'on entend rarement des expressions plus positives concernant l'âme.

En fait, même en cherchant pendant plusieurs minutes, je n'ai pas réussi à trouver une seule expression courante comportant le mot âme qui illustrerait la paix de l'âme et la sérénité. Dois-je en conclure que je suis une personne privilégiée et que, finalement, peu de gens ressentent un tel bien-être de l'âme? Je ne le pense pas, car je sais que ce bien-être est aussi ressenti par beaucoup d'autres personnes qui y ont aspiré et qui ont pris les moyens pour l'atteindre.

Je suis par ailleurs persuadée que ce bien-être de l'âme n'est pas arrivé dans la vie de ces personnes comme ça, par hasard, sans qu'elles aient contribué à l'attirer chez elles et en elles. Cette conviction est basée sur mon expérience personnelle de même que sur l'expérience d'amis ayant vécu un cheminement similaire. En effet, ceux et celles qui connaissent une grande sérénité de l'âme présentent des caractéristiques et adoptent des attitudes que l'on pourrait qualifier de dénominateurs communs.

Il y a quelques années déjà, André Malraux déclarait que le xxie siècle serait spirituel ou qu'il ne serait pas. Cette phrase, à mon avis très juste, a fait le tour du monde et plus que jamais on entend parler de l'importance d'investir tout autant dans sa vie spirituelle que dans les aspects intellectuel et physique de sa vie. Voilà qui est fort intéressant, mais par quel bout entreprendre cette démarche? Quelles sont justement les caractéristiques et les attitudes communes à ceux et celles qui ont réussi une telle démarche?

Ces dénominateurs communs sont très simples, mais absolument essentiels à la réussite de la démarche. Sans eux, les mots «vie spirituelle» ne restent qu'un concept abstrait, un voeu pieux jamais concrétisé dans une action réelle et efficace.

La première et la plus importante attitude que doit avoir une personne aspirant à une vie spirituelle concrète et au bien-être de l'âme, c'est celle que l'on pourrait nommer «Désir». Pas un désir superficiel et irréfléchi, comme lorsqu'on a envie d'une nouvelle voiture, mais un désir profond et sincère, qui est justement un cri de cette âme assoiffée de lumière. Sans ce désir premier, toujours lié à l'intuition et non à l'intellect, la démarche vers le bien-être de l'âme ne peut débuter. Chez certaines personnes, ce désir apparaît dès le plus jeune âge, alors que chez d'autres il se manifestera à la suite de la perte d'un être cher, d'une maladie ou de toute autre épreuve ayant secoué leur âme. C'est d'ailleurs ce qui explique pourquoi tant de personnes, qui croient pourtant le désirer sincèrement, ne semblent pas avancer sur le plan spirituel, malgré le fait qu'elles suivent des cours, lisent sans arrêt et participent à de nombreux séminaires. En fait, elles n'ont jamais ressenti le moindre petit désir intuitif qui aurait pu les aider à amorcer le premier pas de la démarche, et leur désir ne se situait qu'au niveau du mental. L'intellect est souvent l'instrument qui nous met sur la piste, mais seule l'intuition nous met en contact avec le désir de l'âme.

La deuxième attitude, aussi importante parce que complémentaire au désir initial, se nomme «Volonté». En effet, même si l'on ressent un intense désir d'avancer spirituellement, sans la volonté, rien ne peut être accompli.

Le désir et la volonté pourraient être comparés à un frère et à une soeur perdus dans la forêt qui, marchant la main dans la main, veulent retrouver leur maison pour s'y reposer. Cette maison, l'âme, n'est en réalité pas très loin, mais tellement d'arbres, de fleurs, d'animaux sauvages et d'ombres viennent distraire nos deux copains et les détourner de leur but qu'ils mettent souvent plusieurs années à l'atteindre. À l'occasion, des temps d'arrêt s'imposent à eux pour leur permettre de se reposer et de refaire leurs énergies. Lorsqu'ils atteignent leur but, ils sont souvent un peu écorchés et affamés, mais le voyage en valait le coup.

Cette volonté de réaliser son désir se traduit par des gestes concrets, des pratiques, des réflexions et des méditations qui peuvent varier beaucoup d'une personne à une autre. Et pourtant, encore là, certaines réalités sont incontournables. À ce sujet, les grands prophètes qui ont marqué, par leurs interventions, l'histoire de toute l'humanité nous ont légué de nombreuses ressources pour entreprendre la démarche merveilleuse du retour à la maison de notre âme.

Ces ressources innombrables ne peuvent évidemment pas toutes être énumérées ici et je me contenterai donc de vous faire part de mes dix préférées. Peut-être sauront-elles participer à votre démarche, ou éveiller en vous des idées différentes et plus adaptées à vos besoins. Voici ces dix ressources efficaces:

Appeler la conviction
Cultiver l'espérance
Pratiquer la charité
Combattre les vices en travaillant à développer les vertus
S'intéresser aux dix commandements de Dieu
Prier mentalement ou à haute voix
Écouter de la musique qui fait du bien à l'âme
Entretenir un contact heureux avec la nature
Lire régulièrement des textes sacrés
Écouter le silence

A priori, certaines de ces ressources vous sembleront peut-être désuètes et vous vous demanderez en quoi certaines autres peuvent avoir un lien avec le bien-être de l'âme. J'ai cependant constaté, après avoir recherché la paix et la sérénité dans des chemins beaucoup plus tortueux, que la simplicité me conduisait toujours à bon port alors que toute approche sophistiquée me faisait tourner en rond.

Ces chemins tortueux ont pris l'apparence de consultations auprès de médiums, de recherches en ésotérisme, de travail en psychométrie et de tentatives pour découvrir mes vies antérieures, pour ne nommer que ceux-là. Mais très rapidement je me suis lassée de ces démarches stériles et me suis consacrée sérieusement à un travail en profondeur basé sur des ressources comme celles que je viens d'énumérer.

Ces dix ressources, dont je parle un peu plus en détail dans les pages suivantes, correspondent sans doute à ma nature classique et structurée qui exige avant tout la présence du gros bon sens et qui se manifeste toujours, lorsque j'entreprends une démarche, par le besoin de résultats tangibles.

Je peux vous assurer que, si je n'avais pas obtenu de résultats, je n'aurais pas écrit une seule ligne de ce livre. En effet, je ne pourrais, en toute honnêteté, vous inviter à une démarche qui n'aurait pas fait ses preuves chez moi. J'aurais l'impression de vous faire perdre votre temps. Toutefois, je ne peux vous garantir que les choses se dérouleront exactement de la même façon pour vous, mais vous saurez qu'au moins une personne sur terre a, par cette démarche très simple, réussi à trouver le bien-être de l'âme. Et si, comme je le pressens, cette démarche conduisait des milliers d'autres personnes à ce même état, peut-être pourrions-nous constituer une chaîne d'amour devant laquelle les forces négatives s'évanouiraient d'épouvante.

Appeler la conviction

La conviction doit, selon moi, être basée sur l'expérience personnelle pour être génératrice de paix. J'ajouterais même que, sans cette expérience, aucune conviction ne peut naître chez un individu. La foi aveugle qui ne prend pas racine en nous-mêmes, qui nous est léguée ou même imposée par notre entourage, n'amène pas le bien-être de l'âme. L'échec des religions, particulièrement au Québec, malgré l'emprise incroyable qu'elles ont exercée sur toute une société à l'âme souffrante, démontre bien cette réalité.

Certains croyants pouvaient bien assister à la messe tous les dimanches, allumer des lampions, acheter des indulgences et se torturer en pensant aux feux de l'enfer, ils n'en étaient pas plus heureux et en paix. D'autres croyants et pratiquants, d'une religion ou d'une autre, ont plutôt effectué un cheminement personnel qui les a menés à une foi éclairée et à des convictions solides; ces personnes ont sans doute trouvé la paix de l'âme.

Appeler la conviction implique que vous demandez très sincèrement à la vie et à vos guides de vous conduire vers toutes les expériences nécessaires à votre évolution et indispensables à l'acquisition de cette conviction. Certaines expériences seront merveilleuses et vous permettront de vivre des joies incomparables. D'autres seront plus difficiles et vous mettront en contact avec des souffrances inévitables. Par contre, en traversant ces difficultés, vous en comprendrez le sens et constaterez qu'elles vous transforment comme le feu raffine l'or brut.

Accepter de vivre ces expériences pour arriver à la conviction est une garantie qu'on ne reculera pas. La foi aveugle qui n'a pas ses racines au fond de soi ressemble à un bateau qui va à la dérive dès que le vent s'élève et qui peut rapidement couler si les vagues deviennent trop hautes. Par contre, la conviction basée sur l'expérience personnelle permet de survivre à toutes les tempêtes, intellectuelles, physiques ou émotionnelles, sans que le bateau change de cap. Ça, je peux vous le garantir.
 

Cultiver l'espérance

On dit parfois que l'espérance est le rêve d'un homme éveillé, ou encore que c'est un emprunt fait au bonheur.

Cultiver l'espérance dans un contexte de recherche de bien-être de l'âme englobe beaucoup plus qu'un rêve. Cette action apporte, assez paradoxalement, une conscience plus aiguë de la réalité présente tout en procurant une vision optimiste de la réalité future.

Pour comprendre cette attitude qui peut être utilisée en rapport avec tout ce qui nous touche, prenons l'exemple du temps qu'il fait. Si j'aime beaucoup le soleil et n'apprécie guère la pluie, je risque d'être malheureuse chaque fois qu'il pleut si je n'ai pas la certitude que le soleil reviendra. L'attitude d'espérance me fait donc passer à travers les gouttes de pluie au lieu que je me noie sous elles. Vous me direz peut-être qu'une telle attitude risque d'assombrir mes journées ensoleillées, puisque je pourrais penser à la pluie qui va venir. Eh bien non, puisque l'être humain est ainsi fait que, s'il ressent un bien-être réel, il ne projettera pas automatiquement des idées noires sur ce bien-être. Une personne qui agit ainsi ne démontre pas une attitude d'espérance, mais plutôt des attitudes d'appréhension et de peur qui sont tout l'opposé de l'espérance.

Cultiver l'espérance, c'est également une façon d'apprendre la patience et la tolérance envers soi-même, envers les gens qui nous entourent et envers la vie en général. L'espérance peut aussi apporter un éclairage positif sur certaines difficultés que nous devons traverser, en nous permettant de leur donner un sens et de réaliser qu'elles ont été placées sur notre route pour nous faire avancer.

Cultiver l'espérance n'a cependant rien à voir avec le refus d'apprendre à être heureux ici et maintenant en entretenant l'idée que le bonheur viendra demain, lorsque tel événement se sera produit dans notre vie ou que l'on aura obtenu tel bien matériel. Au contraire, l'espérance augmente l'intensité de chaque petit plaisir quotidien en nous permettant de dédramatiser les obstacles, de prendre avec humour les critiques et de savoir que l'orage le plus terrible se termine toujours par un arc-en-ciel.

L'espérance, du point de vue spirituel, m'aide à prendre conscience que chaque pas me fait avancer vers une plus grande sérénité, que je ne peux perdre ce que j'ai acquis et que l'avenir ne peut qu'être meilleur. Comme le disent les amoureux: «Plus qu'hier et moins que demain.»

Cultiver l'espérance aurait pu sauver toutes ces personnes qui ont opté pour le suicide parce que leur souffrance leur semblait intolérable et parce qu'elles n'entrevoyaient aucune perspective d'amélioration. L'espérance pourrait également brancher sur la joie de vivre les personnes qui se laissent envahir par une grande souffrance morale, pendant des mois et même des années, parce qu'elles ne sont pas capables de faire la part des choses et de prendre le recul spirituel nécessaire pour mieux assumer les épreuves de la vie.
 

Pratiquer la charité

«Aime ton prochain comme toi-même» est le plus important message que nous ait livré Jésus lors de son passage parmi nous.

Aimer son prochain comme soi-même libère toute personne qui s'y applique de préjugés envers ses frères. Aucune discrimination quant à la race, la couleur, le milieu social ou l'orientation sexuelle ne peut survivre en présence de cette pratique assidue.

On a parfois tendance à voir la paille dans l'oeil du voisin et pas la poutre dans le nôtre. La charité nous délivre de cette tendance. Elle nous aide à ne pas mettre d'étiquettes sur les gens et à améliorer notre perception de nous-mêmes et des autres. En effet, nous sommes tous, à tour de rôle, victime et sauveur, auditif et visuel, parent directif et enfant insoumis, fort et faible, juge et partie, contrôleur et contrôlé. La charité nous aide à reconnaître les rôles que nous jouons, consciemment ou inconsciemment, et à ne pas juger ceux qui, dans leur cheminement, pourraient être amenés à jouer de tels rôles.

La charité amène aussi celui ou celle qui la pratique à la miséricorde et au pardon. La personne qui pratique la charité cherche à comprendre ce qui a pu amener quelqu'un à poser telle action ou à prononcer telle parole; elle lui trouve des circonstances atténuantes au lieu de lui prêter de mauvaises intentions.

Essayer de comprendre les autres autour de nous, de développer de la compassion envers eux constitue sûrement un bon investissement pour notre vie spirituelle. Cette attitude est également une source de paix émotionnelle, car elle peut désamorcer bien des conflits, à la maison comme au travail.

Pratiquer la charité amène aussi l'être humain à être généreux de lui-même et de ses biens. Donner un sourire, une poignée de main, des conseils, être à l'écoute, partager ses talents manuels sont autant de façons d'être généreux, autant que d'offrir des biens matériels comme de l'argent, de la nourriture ou des vêtements. Il faut bien sûr user de son jugement, comme en toute chose, et ne pas oublier que «charité bien ordonnée commence par soi-même».

La personne charitable ne calcule pas et ne fait pas de procès d'intention à celui ou celle qui lui demande un service ou de l'aide morale. Elle écoute avant tout son coeur et ne mesure pas ce qui lui sera donné en retour. C'est ce qui procure un grand bien-être à l'âme, qui ressent presque toujours plus de joie à donner qu'à recevoir.

En fait, pratiquer la charité n'est pas vraiment un geste altruiste, bien que cela puisse en avoir l'apparence, puisque, en étant bon, miséricordieux et généreux, on reçoit plus sur le plan spirituel que ce qu'on a donné sur le plan matériel.

Combattre les vices en travaillant à développer les vertus

Ma grande amie Yvonne, qui est une des personnes les plus sages que je connaisse, utilise le mot «défacultés» en opposition au mot «facultés», au lieu de parler de vices et de vertus. C'est une façon intéressante, et à connotation moins religieuse, d'aborder cette question qui peut sembler un peu trop moraliste pour certaines personnes.

Mal comprise, la question des vices et des vertus peut provoquer du sarcasme; par exemple, certains diront qu'ils ne veulent pas devenir des saints avant leur mort. Consciente de ma propre imperfection et ayant fait la paix avec celle-ci, je demeure néanmoins convaincue qu'une bonne façon d'arriver à la paix de l'âme est de prendre le taureau par les cornes et de regarder bien en face ces «défacultés», pour employer l'expression d'Yvonne, et de voir comment ces tendances négatives peuvent entraver notre cheminement spirituel.

Quelles sont donc ces «défacultés»? Ceux et celles qui ont mon âge les reconnaîtront assez facilement, alors que, pour les plus jeunes, ce sera peut-être une découverte. Il s'agit en fait de sept défauts importants qui nuisent à l'évolution spirituelle, et qui devraient être remplacés par leurs facultés contraires.

Voici donc, en parallèle, ces «défacultés» et leurs facultés contraires.

Défacultés
Orgueil
Colère
Paresse
Envie
Gourmandise
Avarice
Impureté

Facultés
Humilité
Patience
Ardeur au travail
Empathie
Tempérance
Générosité
Pureté

Il ne m'apparaît pas nécessaire de discourir longtemps sur ces «défacultés» et facultés pour vous convaincre des effets, négatifs ou positifs, que chacune d'entre elles peut avoir sur votre vie en général, et plus particulièrement sur votre vie spirituelle.

D'ailleurs, de nombreux adages nous font comprendre cette réalité: «L'orgueil tue son maître», «La paresse est la mère de tous les vices», «La colère rend aveugle». Quant aux qualités ou vertus, elles ne suscitent toujours que des commentaires élogieux au sujet de ceux et celles qui les possèdent. Les gens vertueux se distinguent par leur beauté intérieure et extérieure. En effet, une lumière spéciale illumine toujours leur regard.

S'intéresser aux dix Commandements de Dieu

Chaque année, durant la période pascale, je ne rate jamais le film bien connu Les Dix Commandements de Dieu, avec Charlton Heston dans le rôle de Moïse et Yul Brynner dans le rôle du pharaon. Je regarde aussi le magnifique film de Zeffirelli, Jésus de Nazareth. Pour rien au monde je ne raterais ces deux films, que j'ai pourtant vus des dizaines de fois mais qui réussissent toujours à capter mon attention et même à m'arracher quelques larmes.

Je me suis longtemps demandé à quoi était dû un tel engouement de ma part pour ces films et comment il se faisait que je ne me lassais jamais de les revoir. La réponse est très simple: ces films et leur message touchent mon âme. Et lorsque mon âme est touchée, c'est merveilleux parce que, d'une part, je sens sa présence et que, d'autre part, elle m'indique la voie à suivre pour répondre à ses attentes.

La plupart d'entre nous avons appris par coeur les dix commandements de Dieu lorsque nous étions très jeunes. Mais nous n'avons peut-être pas pris le temps, rendus à l'âge adulte, d'y jeter un regard tout neuf à la lumière de notre vécu.

Ce regard tout neuf, j'ai eu la chance de le poser en prenant connaissance des explications d'Abd-ru-shin dans Les Dix Commandements de Dieu. Cet auteur a aussi écrit le Message du Graal, auquel j'ai déjà fait référence dans mes livres précédents.

J'ai d'abord compris que les dix commandements représentent en quelque sorte des conseils fort judicieux, une marche à suivre pour que les êtres humains soient plus heureux et en paix avec eux-mêmes et les autres. Notre Créateur ne donne pas des ordres, il est l'Ordre suprême à travers ses lois. L'être humain qui n'accepte pas de connaître ces lois et de s'y conformer ne provoque absolument pas le châtiment de son Créateur, mais il se place lui-même en situation de souffrir chaque fois qu'il transgresse cet Ordre établi.

J'ai aussi réalisé que nous éprouvons de la difficulté avec quelques-uns de ces conseils et pas du tout avec d'autres. Il s'agit donc d'identifier le ou les commandements sur lesquels nous voulons spécifiquement travailler et de trouver les moyens pour améliorer notre comportement. Quant aux commandements avec lesquels nous avons moins de difficulté, nous n'avons qu'à être vigilants pour conserver notre «bon vouloir» et notre «bien agir» à leur sujet. Il ne faut cependant pas se raconter des histoires, mais plutôt faire un bon examen de conscience avant de décréter que nous respectons parfaitement tel ou tel commandement. Pour ce faire, il s'agit de poser un regard neuf sur chaque commandement, puis de poser notre regard sur notre vécu personnel. C'est en faisant cet exercice fort simple mais très efficace qu'on réussit à poser un diagnostic précis.

Les dix commandements de Dieu, historiquement transmis aux hommes par Moïse, et retransmis par Abd-ru-shin, sont les suivants:

Tu dois n'adorer que Dieu et rien d'autre
Tu ne dois pas prononcer le nom de Dieu en vain
Tu dois te réserver un jour de repos à la grâce de Dieu
Tu dois honorer la notion de Paternité et de Maternité
Tu ne dois pas tuer physiquement ou moralement
Tu ne dois pas détruire la paix d'une union véritable
Tu ne dois pas dérober les biens d'autrui
Tu ne dois pas calomnier ton prochain
Tu ne dois pas convoiter un être humain comme un objet
Tu ne dois pas convoiter toute chose qui appartient à ton prochain

Tu dois n'adorer que Dieu et rien d'autre. Ce premier conseil est le plus important dont nous ayons besoin, mais il n'est pas toujours facile de le respecter. Si nous nous observons, nous réalisons en effet que le «veau d'or» est souvent présent dans notre vie. Pour une personne, il s'agit de son conjoint, pour une autre, ce sera son enfant; certains adorent leurs biens matériels et, pour bien des gens, le centre de leur vie se résume à leurs distinctions honorifiques. Nous employons trop souvent à la légère le mot «adorer»: «J'adore un tel ou une telle, j'adore ceci ou cela.»

Tout penchant ou dépendance de quelque nature que ce soit constitue un risque de ne pas respecter le premier commandement. On devient très vite esclave d'un penchant, qu'il s'agisse du sexe, de l'alcool, du travail démesuré, du sport ou de l'abus de nourriture. Même en se justifiant par les motifs les plus nobles, on ne peut jamais avoir la paix de l'âme en adorant une personne ou une chose autre que notre Créateur.

Respecter le premier commandement de Dieu est aussi une bonne façon de nous préparer à être suffisamment dégagés, au jour de notre mort, pour nous détacher facilement de notre corps et de nos liens terrestres.

Tu ne dois pas prononcer le nom de Dieu en vain. Untrès grand nombre de personnes transgressent ce deuxième conseil. Elles ne le font peut-être pas toujours consciemment, mais plutôt à la légère ou parce que c'est une mauvaise habitude qu'elles ont acquise dans leur milieu.

Mais parler incorrectement en utilisant des sacres n'est pas la seule façon d'enfreindre ce commandement. Sont également fautifs les gourous et les sectes qui recrutent, au nom du Très-Haut, des personnes vulnérables en quête de lumière et qui exploitent leur crédulité en leur faisant des lavages de cerveau qui les privent de leur libre arbitre.

Les pires énormités ont été commises, et le sont encore, au nom de Dieu. Autrefois, pour des questions de religion, on a immolé des gens sur des bûchers; aujourd'hui, pour des raisons semblables, des citoyens d'un même pays s'entre-tuent quotidiennement. Les siècles passent mais la transgression du deuxième commandement se poursuit. Les acteurs de ces transgressions changent de masques en invoquant toujours de nouvelles justifications, mais ils n'en demeurent pas moins coupables pour autant.

Tu dois te réserver un jour de repos à la grâce de Dieu.On entend parler de plus en plus de burn-out, de stress et de décrochage, sans toutefois se demander quelles sont les causes spirituelles de ces malheurs. On a tendance à penser davantage aux causes physiques et psychologiques en recommandant une consommation accrue de vitamines et la libération psychique par toutes sortes de distractions. Mais on oublie une partie importante de l'être humain qui réclame, elle aussi, un peu d'attention et de considération.

Dans le rythme infernal du métro-boulot-dodo, l'âme est souvent mise au rancart. On se dit qu'un jour on lui accordera un peu de temps, mais les semaines passent sans que l'on agisse véritablement. Le jour du Seigneur, au cours duquel les pratiquants se rendent à la messe, répond justement à ce conseil donné aux hommes pour les aider à avoir un plus grand équilibre dans leur vie.

Celui ou celle qui réalise l'importance de ce commandement et qui réussit à s'autodiscipliner n'a pas nécessairement besoin d'assister à un office religieux pour vivre pleinement ce qu'il propose. Il suffit tout simplement de choisir un moment pour prendre contact avec son âme et se recueillir afin d'examiner la semaine qui vient de se terminer. On peut alors faire le bilan de cette semaine au regard de nos idéaux spirituels d'évolution. En négligeant ce commandement, nous risquons de constater, à la fin de nos jours, que nous avons gaspillé le temps précieux qui nous était accordé pour avancer vers un niveau de conscience toujours plus élevé.

Respecter ce conseil permet aussi le repos du corps et du mental. Sans ce repos, il se crée tôt ou tard un déséquilibre qui empêche d'accéder au bien-être et qui conduit toujours à la maladie.

Tu dois honorer la notion de Paternité et de Maternité. Au sujet de ce commandement, Abd-ru-shin nous précise ceci: «Ce commandement n'implique pas des considérations de la personne mais, au contraire, la notion de la paternité et de la maternité. Il s'adresse donc en premier chef non pas aux enfants, mais bien aux parents eux-mêmes en exigeant d'eux qu'ils maintiennent la dignité de leur condition de parents! Le commandement impose aux parents des devoirs absolus, exige d'eux qu'ils restent toujours parfaitement conscients de leur haute mission enne perdant jamais de vue la responsabilité qu'elle implique.»

Et il ajoute, en parlant des enfants: «Mais, pour les enfants, ce commandement sera sacré et vivant, grâce à leurs parents. Ils ne pourront de toute façon faire autrement qu'honorer leur père et leur mère de toute leur âme, quelle que soit la nature de ces enfants eux-mêmes. Ils y seront inévitablement amenés par la façon de vivre de leursparents. Et malheur alors à ceux des enfants qui n'obéiraient pas pleinement à ce commandement. Un lourd karma pèserait alors sur eux et cela à juste raison.»

On doit donc comprendre que ce commandement exige un respect réciproque de la part des parents et des enfants, et que les uns comme les autres ont l'obligation de s'y conformer.

Tu ne dois pas tuer physiquement ou moralement. Est?ce que quelqu'un vous a déjà adressé les paroles suivantes: «Tu me tues!», «Tu me fais mourir à petit feu», «Tu m'empoisonnes la vie» ou encore «Tu vas finir par avoir ma peau»?

J'espère bien que non, sinon vous devrez faire un examen de conscience en rapport avec ce commandement qui défend de tuer son prochain.

A priori, lorsqu'on parle de tuer quelqu'un, on pense immédiatement au fait de lui enlever la vie physique d'une manière très visible et, en général, violente. Mais nous savons tous qu'il est tout aussi grave d'entraver le bonheur et la liberté d'une autre personne, quelles que soient nos raisons de le faire.

La dépendance affective est une façon de tuer la personne qui en est le bouc émissaire. Un parent trop possessif ou trop ambitieux peut également tuer son enfant, spirituellement et psychologiquement, sans s'en rendre compte. C'est ce qu'illustre l'excellent film LeProdige, dans lequel un père ambitieux détruit son enfant exceptionnellement doué pour la musique.

Travailler à s'aimer soi-même est la meilleure façon de ne pas tuer l'autre.

Tu ne dois pas détruire la paix d'une union véritable. On constate que le nombre de divorces augmente et que plusieurs couples n'acceptent plus de continuer à vivre ensemble, pour de simples considérations d'ordre matériel ou social, lorsqu'ils réalisent qu'ils ne peuvent plus s'épanouir au sein de leur union.

Comment réconcilier le mode de vie actuel, qui implique un plus grand respect de la liberté individuelle et qui remet en question certains engagements effectués au nom de la famille, et ce commandement qui porte à croire que, une fois engagé dans une union, un couple ne devrait jamais être séparé, sous aucun prétexte?

Pour répondre à cette question, je vais encore citer Abd-ru-shin. Dans l'ouvrage sur le message du Graal, il explique très clairement en quoi consiste une union véritable et il avertit toute personne, y compris les parents, de prendre garde de ne pas détruire ou empêcher de telles unions.

«Il n'y a de véritable union que là où règnent de toute évidence l'harmonie et la paix, où l'un des partenaires ne vit que pour l'autre et cherche à le rendre heureux. Dans ces conditions, l'isolement et l'ennui mortel qui induisent en tentation tant de personnes sont absolument exclus apriori et pour toujours, tout comme le périlleux désir de se divertir ou l'illusion d'être incompris. [É] Mais une union qui ne connaît ni paix ni harmonie n'est pas digne de ce nom. Car ce n'est pas une union mais uniquement une association terrestre n'ayant nulle valeur devant Dieu. Elle ne peut donc répandre la bénédiction dans le sens précis qu'une union authentique fait espérer.»

Il ne faut jamais troubler la paix et l'harmonie entre deux êtres humains qui vivent une union complète et heureuse. Les parents qui auraient l'ambition d'unir leur enfant à un partenaire qu'ils ont eux-mêmes choisi, pour des raisons d'ordre social ou matériel, et qui empêchent cet enfant de poursuivre une union véritable avec le partenaire qu'il a lui-même choisi commettent donc une faute grave et ne respectent pas ce commandement.

Il en est de même pour un homme ou une femme qui ferait tout en son pouvoir pour séduire une personne par simple convoitise sexuelle, ou pour toute autre raison superficielle, alors que cette personne vit déjà au sein d'une union véritable. Dans ce cas, il est fort probable que la personne convoitée ne tombera pas dans le piège proposé. Néanmoins, celui ou celle qui met délibérément tout en oeuvre pour détruire un couple est coupable et, par la même occasion, nuit à sa propre paix intérieure. D'autre part, une personne qui s'accroche à une union de façade par insécurité matérielle ou affective et qui empêche son partenaire d'aller vers une union véritable en le manipulant est tout aussi fautive que celui ou celle qui détruit une telle union.

Tu ne dois pas dérober les biens d'autrui. Les biens d'autrui ne se limitent pas aux possessions matérielles; ils comprennent également la propriété morale et intellectuelle. La réputation d'une personne, ses pensées, ses écrits, l'opinion qu'en ont les gens, son originalité de tempérament et de caractère, son humour sont autant de «biens» susceptibles d'être dérobés par les autres.

Il est très facile d'oublier ce commandement et de l'enfreindre plusieurs fois dans une même journée. Il faut donc sans cesse se rappeler à l'ordre pour le respecter parfaitement.

Pour apprendre à respecter ce commandement, on peut délibérément adopter l'attitude opposée à son infraction. Au lieu de dérober les biens des autres ou de nuire à leur réputation, même à la blague, on s'efforcera donc de mettre l'accent sur leurs points forts en faisant l'éloge de leurs réalisations et de leurs mérites. En prenant l'habitude d'agir ainsi en toutes circonstances, on développe une droiture à toute épreuve et on se sent toujours la conscience bien en paix.

Tu ne dois pas calomnier ton prochain. Faire un faux témoignage contre quelqu'un peut avoir des répercussions encore plus graves que de lui infliger des blessures physiques. La peau se cicatrise et se régénère, mais les blessures du coeur et de l'âme sont parfois irréparables.

Certaines personnes ont comme passe-temps préféré de critiquer les autres ou de leur faire des procès d'intention. En plus d'être un manquement au devoir de charité qui nous incombe, le fait de calomnier est un agent corrupteur qui empoisonne une ambiance saine génératrice de respect mutuel et de joie.

Observez un groupe de travail ou d'amis dans lequel le bavardage calomnieux fait son oeuvre. En très peu de temps, la méfiance s'installe, le mépris suit de près et, finalement, chacun se sent menacé d'être abaissé par les autres en son absence. Le mot «bonheur» n'a vraiment plus de place au sein d'un tel groupe, et il est difficile de se débarrasser de cette fâcheuse ambiance lorsqu'on l'a laissée s'y établir.

Inversement, lorsque chacun se mêle de ses affaires et ne se permet pas de commentaires sur les allées et venues des autres, leurs fréquentations, leur façon de s'habiller ou leur façon de manger, tout le monde se sent dégagé et heureux. Ma mère avait l'habitude de dire que la meilleure façon de se sentir bien et en paix est de «Vivre et laisser vivre». Elle avait très bien compris le sens du huitième commandement.

Tu ne dois pas convoiter un être humain comme un objet. Pendant des siècles, ce commandement était davantage adressé aux hommes qu'aux femmes. Mais, en raison de l'évolution de la société moderne, il arrive maintenant que les hommes, tout autant que les femmes, se sentent réduits à des objets de consommation pour satisfaire des besoins d'ordre sexuel ou affectif.

L'être humain vit bien sûr un grand paradoxe lorsqu'il est confronté à la fois à son instinct purement animal et à son idéal de vivre un amour véritable empreint d'harmonie physique, psychique et spirituelle.

La personne qui tombe dans le piège de la convoitise et s'unit à une autre personne sans vraiment ressentir d'affinités psychiques et spirituelles avec celle-ci ne peut espérer un réel bien-être de l'âme, même si toute union peut et doit contribuer à l'évolution des deux êtres humains embarqués dans une telle galère. Les plus grandes passions se terminent, et elles occasionnent souvent de grandes souffrances à ceux qui en sont esclaves.

La discipline et le maintien de la pureté de nos pensées, en toutes circonstances, permettent de ne pas succomber à des tentations qui ne correspondent pas à notre idéal et à l'estime que l'on doit avoir de soi-même et des autres. Éviter les situations susceptibles de faire surgir ces tentations est également un excellent moyen de respecter ce commandement.

Rechercher le sens de l'amour véritable, la noblesse des sentiments et l'orientation efficace de notre force sexuelle est aussi un antidote puissant à la tentation de ne voir, en regardant un être humain, qu'un simple objet de convoitise.

Tu ne dois pas convoiter toute chose qui appartient à ton prochain. Les envieux et les jaloux ne trouvent jamais le repos de l'âme. Pour ceux et celles qui souffrent d'envie et de jalousie, tout devient objet de convoitise.

Au lieu d'être attentives à leur vie, d'apprécier ce qu'elles possèdent et de réaliser généreusement le travail qu'elles ont à accomplir, les personnes qui ne suivent pas ce conseil judicieux épient sans cesse tout le monde autour d'elles, comparent toujours ce qu'elles possèdent avec ce que les autres ont, et en arrivent même à mesurer la quantité et la qualité du travail effectué de peur d'en faire plus que les autres. Ces personnes sont tellement concentrées sur les autres qu'elles ne réussissent jamais à profiter pleinement de ce que la vie leur offre.
 

Prier mentalement ou à haute voix

Il n'est pas nécessaire d'adopter des formules toutes faites pour prier. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé prier. Par exemple le matin, comme je l'expliquais au début du livre, pour remercier mon Créateur de m'avoir donné la vie, la santé, l'intelligence et la volonté d'évoluer. De plus, ayant été pensionnaire pendant de nombreuses années, j'ai souvent participé à des événements comme les «quarante heures» et j'en ressentais de grands bienfaits.

Je ne pratique plus depuis plusieurs années, mais j'ai conservé ce goût pour la prière, et je suis convaincue que cette facette de mon mode de vie m'est bénéfique. Je ne rate aucune occasion de prier. Par exemple, si je vois un accident sur la route, je prie tout de suite pour les personnes qui risquent d'avoir été blessées. Lorsque je vois des merveilles de la nature, je m'empresse aussitôt de remercier pour ces bienfaits. Si je constate qu'une personne est en difficulté, j'essaie de lui transmettre de bonnes pensées en priant pour elle.

En général, je ne prie pas avec des formules toutes faites. Il y a cependant une exception à ceci et c'est la prière que j'ai apprise il y a longtemps et que je n'ai jamais oubliée: le Notre Père. Plus jeune, je récitais cette prière par coeur sans trop réfléchir aux paroles que je prononçais. Plus tard, lorsque j'ai commencé à faire une démarche spirituelle adulte, j'ai réalisé à quel point le Notre Père était une prière complète et profonde. Cette prière exprime d'abord un grand acte de foi, mais aussi un acte d'espérance et un acte de charité envers soi-même et envers les autres. Les paroles «Que ta volonté soit faite», prononcées avec la pleine conscience de ce que l'on dit, peuvent avoir des répercussions incroyables sur l'âme, et apaiser un mental inquiet.

J'aime aussi prier avant un bon repas. Je ne le fais pas toujours, mais chaque fois qu'il m'arrive d'y penser, je me sens vraiment bien. Une prière que j'aime particulièrement, c'est la suivante, d'Abd-ru-shin, tirée de Prières données aux hommes.

Seigneur, Toi dont la grâce nous donne Dans l'activité de la Création Une table toujours servie Nous te remercions de ta bonté. Amen Prier avant de s'endormir est aussi une très bonne habitude à prendre. On pourrait même penser que, d'une certaine façon, les programmations du subconscient sont une forme de prière, car elles impliquent souvent le désir d'être meilleur et d'accomplir sa mission sur terre. Si on regarde la vie et ses événements avec le regard de l'âme, ce regard peut devenir prière.
 

Écouter de la musique qui fait du bien à l'âme
Des goûts et des couleurs, il paraît qu'on ne discute pas. Quant à la musique qui peut être belle et bonne pour l'âme, elle a pris, au fil de l'évolution de l'humanité, tellement de formes et de genres que nous n'avons que l'embarras du choix pour nous régaler. Toutes les époques ont leur trésors musicaux, et chacun de nous peut y avoir accès.

Mais comment s'y retrouver à travers tant de choix et de possibilités? Certains ont la chance d'avoir des parents amateurs de belle musique qui leur font découvrir très jeunes ces trésors de toutes les époques. D'autres sont portés vers la belle musique naturellement, ou à la suite d'une formation qu'ils ont reçue au cours de leurs études.

Ayant moi-même reçu une formation en piano dès mon jeune âge, j'ai commencé à apprécier la belle musique très tôt. Mais je ne suis pas une experte en la matière, loin de là, car je suis un peu paresseuse en ce qui concerne l'identification des pièces que j'aime et qui me touchent. Combien de fois m'est-il arrivé d'entendre quelque chose et de me dire: «Ah, comme c'est beau», sans toutefoism'informer du titre exact de la pièce ou de son compositeur.

Par contre, au fil des années et grâce aux personnes que j'ai côtoyées, j'ai appris à reconnaître et à mieux identifier les genres musicaux et les pièces elles-mêmes. Je me suis également rendu compte que certaines pièces avaient sur les gens le même effet qu'un beau coucher de soleil, c'est-à-dire qu'elles provoquaient, chez presque tous ceux qui les entendaient, un sentiment d'admiration et une sensation de bien-être.

Je vous ai donc préparé un aide-mémoire de quelques-unes de ces pièces. Les mélomanes les connaissent très certainement, mais si, comme c'était mon cas, vous retenez mal le nom des pièces, cette liste vous aidera, chez le disquaire, à trouver ces musiques qui font du bien à l'âme. Je vous suggère de réunir vos pièces préférées sur des cassettes, comme je le fais moi-même depuis des années. Vous pourrez ensuite les écouter pour méditer ou vous détendre.

Comme je viens de le mentionner, ces pièces plaisent à presque tout le monde, mais c'est évident qu'il peut y avoir des exceptions. Ne m'en veuillez donc pas si vous n'accrochez pas à quelques-unes de ces pièces, mais je vous assure que la majorité d'entre elles ont des effets thérapeutiques à peu près certains. J'ai constitué la liste à partir de mes goûts personnels, mais aussi en tenant compte de commentaires fréquemment entendus.

Vous constaterez que la plupart des pièces musicales proviennent des répertoires classique ou romantique, et que peu d'entre elles sont contemporaines. Ce n'est pas parce que ces dernières sont moins bonnes pour l'âme, c'est tout simplement parce que je connais davantage les autres pour les avoir écoutées maintes et maintes fois sans jamais m'en lasser. Voici donc ces pièces et leur compositeur, ou, dans le cas de certaines chansons, leur interprète.

Albinoni, Adagio; Allegri, Miserere; Bach, Jésus, que ma joie demeure (Jesu, Joy of Man's Desiring), Toccate et fugue, Prélude pour piano no 1 (premier livre du Clavier bien tempéré), Concerto brandebourgeois no 2 en fa majeur, Air (deuxième mouvement de l'ouverture en ré majeur), Concertos pour violon, Messes; Beethoven, Sonate à la lune opus 27 no 2, FŸr Elise, Concerto de l'Empereur; Bizet, Menuet (L'Arlésienne, opus 23 no 2), Intermezzo (Carmen, suite no 1); Boieldieu, Concerto en do pour harpe et orchestre; Brahms, Valse en la mineur, Berceuse; Chopin, Nocturne no 2 opus 9, Valse no 7 opus 64, Préludes; Fauré, Romance sans paroles, Requiem opus 48; Gounod, Ave Maria; Haendel, Largo de Xerxès, Halleluja du Messie, Ode à sainte Cécile; Massenet, Méditation de Thaïs; Mendelssohn, Romances sans paroles pour piano; Mozart, Adagio du Concerto pour violon no 3 k.216, Concerto pour piano no 21 k.467 (thème du film Elvira Madigan), Concertos pour flûte nos 1 et 2, Sonate pour piano k.545, Laudate Dominum (Vêpres d'un confesseur) k.339, Alleluia (Exsultate jubilate) k.165, Requiem, Petite musique de nuit; Offenbach, Barcarolle (Les Contes d'Hoffmann); Pachelbel, Canon et gigue en ré; Pergolese, Stabat mater; Schubert, Ave Maria, LaTruite (quintette opus 114), Impromptu no 3 pour piano; Schumann, Album pour les jeunes, Les Scènes de la forêt; Verdi, Nabucco (opéra); Villa-Lobos, Aria des Bachianas Brasileiras; Vivaldi, Les Quatre Saisons opus 8 nos 1 à 4, Largo du Concerto no 2 pour flûte en do RV443.

Comptines pour enfants, Au clair de la lune, Frère JacquesÉ; Céline Dion, La mémoire d'Abraham; Yves Duteil, toutes ses chansons; Enya, Marble Halls; André Gagnon, Un piano sur la mer; James Galway, Song of the seashore and other Japanese melodies; J.C. Mara, La Création; Loreena McKennitt, Greensleeves; Nana Mouskouri, Mon Dieu (Rossini), Dis la nostalgie (Brahms), Voi che sapete (Mozart), Song for Liberty (Verdi); Marie Denise Pelletier, Quand les hommes vivront d'amour, Manquer d'amour;  Gheorghe Zamfir, Messe pour la paix.

Entretenir un contact heureux avec la nature

À mon avis, la personne la plus incroyante et avec le moins de conviction spirituelle devrait commencer sa cure de bien-être de l'âme en prenant un bain de nature. Comment l'âme la plus fermée pourrait-elle demeurer insensible et s'empêcher de vibrer devant les merveilles de la nature? Ces merveilles quotidiennes se retrouvent en variétés sans nombre tout autour de nous.

Personnellement, je raffole des marches en forêt et de la nage dans une eau naturelle, comme celle d'un lac. Ces activités représentent, pour moi, un temps de méditation et de calme que je ne peux trouver ailleurs.

J'aime aussi contempler le ciel, de jour pour les nuages, toujours différents par leurs couleurs et leurs formes, et de soir pour la Lune et les étoiles que je ne me lasse jamais d'observer. Mon ex-conjoint pouvait bien dire que je n'ai pas tout à fait les pieds sur terre, tant le ciel m'attire et m'a toujours attirée. J'ai toujours apprécié la belle histoire de Thérèse de l'Enfant-Jésus qui se promenait avec son père en contemplant le ciel étoilé. Tout à coup, elle vit la constellation qui forme un «T» et dit à son père: «Regarde, papa, mon nom est écrit dans le ciel.»

Je vous ai déjà parlé des animaux comme source de sagesse et de thérapie dans notre vie. Mais ces créatures de Dieu sont aussi un ravissement pour le coeur et l'âme, tant par leur aspect extérieur que par leurs activités animales. Nous ne pouvons évidemment pas avoir accès à toutes les espèces dans notre environnement. Mais par le biais de la télévision elles entrent chez nous. C'est ainsi que, au cours des deux dernières années, j'ai éprouvé un réel plaisir à découvrir le monde merveilleux d'animaux de toutes sortes. Prendre soin d'un animal de compagnie ou nourrir les oiseaux en hiver apporte beaucoup à l'âme. Vous verrez souvent un être endurci modifier son comportement, au fil des jours, après l'acquisition d'un chat, d'un chien ou même d'un simple petit poisson rouge.

Le jardinage intérieur ou extérieur est aussi une excellente source de méditation et de bien-être pour l'âme. Les plantes et les fleurs laissent rarement indifférent et créent une ambiance chaleureuse dans une maison. Et les arrangements de fleurs séchées peuvent être une solution de rechange pour qui prétend ne pas avoir le pouce vert.

Le contact avec la nature implique aussi l'observation des différentes saisons, des vents, de la pluie et du beau temps comme source de sagesse et de perception de notre propre évolution.

Le merveilleux monde des animaux et de la faune aquatique, la mort des feuilles à l'automne et leur renaissance au printemps, le magnifique arc-en-ciel après un gros orage, les pommiers en fleurs, les petits fruits sauvages, les bonnes odeurs de la forêt mouillée de pluie, les arbres majestueux, les cascades d'eau en montagne, toutes les pierres et les minéraux, sans lesquels notre monde serait si différent, sont autant d'éléments que la nature nous livre gratuitement et qui réconfortent notre âme pour autant que l'on accepte de s'ouvrir à elle.
 

Lire régulièrement des textes sacrés

La lecture de la Bible a toujours été souhaitable pour celui ou celle qui recherche le bien-être de l'âme. Mais il n'y a pas que la Bible pour remplir cette tâche. D'autres écrits très profonds, dont les auteurs ont été inspirés, peuvent contribuer à aider une personne à approfondir le sens de la vie et à trouver des réponses à toutes ses questions existentielles, telles que: «D'où est-ce que je viens?» «Qu'est-ce que je fais sur terre?» et «Où est-ce que je m'en irai après la mort?»

De nombreux sujets, tels le libre arbitre, le destin, la présence de prophètes sur terre tout au long de l'histoire de l'humanité, les lois de la Création, le karma, la justice, la paix et la guerre, la fatalité, la maladie, et bien d'autres encore, suscitent aussi un questionnement de la part des êtres humains qui cherchent sérieusement à comprendre le sens de l'évolution et à trouver leur «légende personnelle».

Cependant, la prolifération des sectes et des gourous, de même que tous les événements sordides qu'ils ontprovoqués, a créé une grande méfiance chez les chercheurs sérieux en ce domaine. Cela n'est pas étonnant. Par ailleurs, l'emprise qu'ont eu certaines religions sur les êtres humains en essayant, par la peur et les menaces, d'entraver leur libre arbitre a également nourri cette méfiance et a créé chez plusieurs personnes une certaine aversion et parfois même une répulsion pour toutes formes de littérature spirituelle.

Certains ont finalement abdiqué en décrétant que tout allait dans le même sac et n'était qu'une immense supercherie. Cette attitude est non seulement négative, mais elle cause un préjudice à ceux-là mêmes qui se privent de tout contact avec ces textes à caractère spirituel.

La meilleure attitude à adopter serait de conserver une grande vigilance sans pour autant cultiver la méfiance et la peur au sujet des oeuvres de l'âme. Il s'agit, comme toujours, de se fier à sa propre intuition et de «sentir» si les propos d'une oeuvre nous conviennent ou ne nous conviennent pas. C'est avec plaisir que je donne le titre des oeuvres qui me rejoignent particulièrement, mais je préfère que les personnes à qui je donne le goût ou l'inspiration de lire une oeuvre en particulier s'en fassent leur propre idée.

Comme je le mentionnais précédemment dans ce chapitre, la conviction ne vient que de l'expérience vécue. Par conséquent, chaque lecteur doit confronter son propre vécu à la Parole proposée et décider, par son libre arbitre, si cette Parole est synonyme, pour lui, de vérité.

Malgré le nombre volumineux de livres de toutes sortes sur les rayons de ma bibliothèque, j'ai constaté, au fil des ans, que peu d'entre eux constituent vraimentdes livres de chevet, des livres que je relis avec beaucoup d'intérêt, par plaisir d'abord, mais aussi pour me rendre compte de ma propre évolution à leur contact. Ces livres m'inspirent et participent très certainement au bien-être de mon âme.

Voici donc les huit oeuvres que je relis depuis plusieurs années et dans lesquelles je puise des trésors inestimables. Le dernier ouvrage, Le Seigneur des anneaux, peut sembler plus fantaisiste et d'un ordre différent, mais en raison des grandes leçons de vie qu'il recèle, je n'hésite pas à le faire côtoyer les autres. Puissent ces lectures vous inonder de Lumière.

Abd-ru-shin, Dans la lumière de la vérité: Message du Graal; la Bible, L'Ancien et le Nouveau Testament; Davy, Marie-Madeleine, L'Homme intérieur et ses métamorphoses; Del Vasto, Lanza, Approches de la vie intérieure; Emmanuel, R., Réconciliation avec la vie; Slaughter, Frank G., Pas à pas avec Jésus; Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrits autobiographiques; Tolkien, J. R. R., Le Seigneur des anneaux.
 

Écouter le silence

«Gardez pur le foyer de vos pensées, puis employez avant tout l'immense puissance du silence si vous souhaitez progresser vers les hauteurs.»

C'est notamment en ces termes que l'auteur du Message du Graal, Abd-ru-shin, nous exhorte au silence. Il nous explique aussi que nos pensées gagnent en force si nous les gardons silencieuses.

Je vous ai déjà fait part des commentaires de mon ex-conjoint sur l'aspect «verbo-moteur» de ma personnalité. Je dois cependant préciser que je n'ai pas toujours été ainsi. En effet, au tout début de mon adolescence, j'étais très timide et incapable de parler en public. Ce n'est qu'après avoir appris à utiliser mon subconscient de façon volontaire que j'ai enfin été capable de vaincre cette timidité et de m'exprimer librement en public et en privé. Étant la plus jeune d'une famille nombreuse, j'avais probablement eu du mal à faire ma place parmi mes huit frères et soeurs, tous très brillants et très volubiles.

Vivant seule depuis deux ans, je n'ai pas vraiment eu le choix d'expérimenter le silence, pendant plusieurs heures et, à l'occasion, plusieurs jours. Je marche beaucoup à l'extérieur et je vis dans un endroit passablement isolé, en montagne. J'ai encore probablement tendance, lorsque je suis en présence d'un ami ou même lorsque je travaille à mon bureau, à parler beaucoup. Par ailleurs, lorsque je décide de m'asseoir sur mon rocher préféré, tôt le matin, le soleil à peine levé, je peux vous assurer que les bienfaits du silence m'énergisent et m'apportent une grande sérénité.

De même, je n'écoute pas la télévision à l'heure des repas. Je m'entoure de silence ou, tout au plus, je faisjouer une musique de fond très douce. C'est une question d'habitude.

Certaines personnes se fatiguent mentalement et physiquement par le bruit sans même sans rendre compte. Ce n'est pas à tort qu'on parle si souvent, depuis quelques années, de la pollution par le bruit. Le bruit, c'est l'envers du silence. Il nous étourdit, rend nos nerfs à fleur de peau et nous empêche très souvent d'entrer en contact avec le plus profond de notre être.

Un moment idéal pour écouter le silence, c'est le temps qu'on s'accorde pour prendre un bon bain, avec des huiles essentielles et une chandelle. Ou encore, au coucher, quelques minutes avant de s'endormir.

«Dans le silence et la solitude, on n'entend plus que l'essentiel», a écrit Camille Belguise, dans Échos du silence. En lisant cette belle phrase, je n'ai pu m'empêcher de penser au Petit Prince de Saint-Exupéry, qui énonce cette grande vérité: «L'essentiel est invisible pour les yeux.» L'essentiel ne serait-il donc pas tout autant «invisible» pour les oreilles? Voir et entendre avec son âme, voilà la voie spirituelle.

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