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Mais qui est donc ce beau jeune homme à l'air souriant et détendu ? Vous ne l'avez sans doute pas reconnu au premier coup d'oeil. En y regardant de plus près, vous trouverez... Pour moi, le «coup d'oeil» s'est transformé en «coup de foudre». Venez avec moi au pays d'un être extraordinaire qui a choisi une transformation au prix de nombreux sacrifices. Pourrait-il faire marche arrière et retourner vers le beau Pierre ? Le personnage fera-t-il place à la personne véritable ? La saga de Pierre/Micheline a fait irruption dans ma vie... Depuis ce temps, l'ouragan a fait place à une douce réalité que je ne pouvais même pas imaginer possible. Au delà des apparences, au delà des préjugés, j'ai entrepris d'accepter avec confiance ce généreux cadeau que la vie m'offrait... un cadeau inattendu, inespéré. Pour voir d'autres belles photos de Pierre, il vous suffit de vous rendre à la section Le Magnifique. Cette section vous permettra de découvrir celui-ci avec une apparence très différente de celle que vous avez habituellement vue au cours des 5 dernières années. En roi ou en soldat, comme la section le dit, il est magnifique. |
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Il
était une fois un petit prince, si «charmant» qu’une
simple gazelle en devint amoureuse ! Elle avait pour nom Michèle
Morgan.
Le beau prince travaillait sans relâche sur son Web en conservant bien précieusement sa fleur sous verre. Il savait pourtant qu’elle avait besoin d’oxygène… Un jour, il décida donc de soulever la cloche de verre pour lui parler : «Ma belle rose, ma gazelle sautillante, souffres-tu d’être ainsi enfermée, sans pouvoir me parler ? » «Mon amour adoré, je suis certes sous une cloche de verre mais je peux quand même respirer. Ce verre sous lequel je suis cachée a de très belles propriétés : il me permet de voir à l’extérieur, de me conserver intacte et de me préserver des intempéries.» La belle rose, fière de sa situation privilégiée, s’empressa d’ajouter : «D’où je suis, la vue est imprenable; j’y vois ta belle chevelure bouclée, tes épaules légèrement courbées et tes jumelles fessières bien rembourrées ! Je t’entends suer et grommeler mais aussi glousser de contentement quand tu as trouvé.» Le beau prince ému mais rassuré, la regarda d’un air attendri : «Et si tu prenais place sur mon «ordi», ce serait quand même chouette dis ?» |
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Comment est-ce arrivé ? ![]() |
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Vivre en société implique des normes, des règles, des coutumes. La marginalité qu'elle soit volontaire ou accidentelle fait souvent face à la réprobation pour ne pas dire au rejet. Il y a quelques décennies, les personnes de couleur et même les personnes handicapées pouvaient difficilement faire leur place au soleil. Fort heureusement les temps ont changé. Mais que penser des personnes qui ont une orientation sexuelle différente ? Est-ce que les personnes homosexuelles auraient moins de valeur que les autres ? Il est maintenant accepté que ces personnes ont des droits au même titre que toutes les autres et ce, indépendamment de leur orientation sexuelle. Les personnes qui sont en recherche d'identité sexuelle qu'elles soient qualifiées de transsexuelles, de travesties ou de transgenres sont perçues avec une méfiance encore plus grande. Le début de mes fréquentations avec Pierre ou Micheline a évidemment créé un émoi dans mon entourage immédiat. Mis à part quelques amis proches, j'ai tout de suite ressenti une certaine hostilité ... pour ne pas dire une hostilité certaine. Le fait de commencer une nouvelle relation n'est certes pas facile pour personne. Le fait de commencer une histoire amoureuse avec un beau grand jeune homme de six pieds qui a choisi de vivre sous l'apparence d'une femme et qui veut, de surcroît, changer son prénom pour celui de Micheline, n'a pas été de tout repos. «Il est complètement cinglé», me disaient les uns. «Tu perds ton temps», prétendaient les autres. Certaines personnes m'ont mise en garde également sur le fait que je risquais de nuire à ma réputation en étant vue publiquement avec Pierre. Quelle horreur et quelle honte pour moi ! Pour ces personnes, je risquais gros dans cette histoire et elles n'avaient de cesse de me conseiller de ne pas m'embarquer au risque de le regretter amèrement. N'en faisant qu'à ma tête, comme d'habitude, j'ai donc décidé de mettre de côté l'opinion des uns et des autres pour mieux me concentrer sur ce que je vivais. J'ai cependant eu l'appui inconditionnel de mon frère Louis et de mon éditeur André qui ont suffisamment eu confiance en moi et en mon bon jugement pour ne pas me suggérer de fuir comme un lapin en panique. Ma bonne amie Mireille m'a également soutenue tout au cours de cette belle histoire me rappelant à quel point j'avais été déçue par une histoire précédente et me faisant remarquer, à juste titre, à quel point mon amoureux m'apportait la joie de vivre malgré son apparence «très» spéciale. Oui c'est vrai, j'étais heureuse. Puis, je me disais que l'homme parfait n'existait pas. Étant moi-même imparfaite, pourquoi ne pas tenter d'accepter ce que la vie m'offrait avec son plus beau sourire. De plus, n'avais-je pas dit avec ma plus grande sincérité qu'après mon âme soeur, il n'y aurait plus d'homme dans ma vie... sauf que Pierre était aussi Micheline. Quelle histoire ! On prétendra ensuite que l'on peut dire n'importe quoi sans que cela risque de nous retomber sur le nez.
Ce que j'ai découvert chez mon conjoint, en passant outre à l'apparence, est un véritable trésor. En plus d'être très intelligent, mon amoureux est une véritable encyclopédie sur deux pattes. Côté manuel, c'est également une personne remplie de talents. Quant à son sens de l'humour, il faudrait l'inventer s'il ne l'avait pas déjà. Plus j'apprenais à le connaître, à découvrir ses talents multiples et plus j'en devenais amoureuse. Évidemment j'avais un grave problème existentiel : je le percevais comme un homme alors que lui voulait vivre en femme. Je dois préciser puisqu'il le fait lui-même qu'il est complètement hétérosexuel et qu'il a toujours été attiré par des femmes. Son choix de vivre comme une femme n'a donc rien à voir avec des tendances homosexuelles. Il se distingue d'ailleurs, à cet égard, des personnes transsexuelles qui ont souvent une attirance pour les personnes du même sexe. Je ne peux savoir ce que d'autres personnes ont vécu en devenant amoureuses de quelqu'un de différent mais j'ai communiqué avec certaines femmes dont les conjoints vivent aussi, à temps plein ou à temps partiel, en imaginant qu'ils sont des femmes. Pour ces hommes, le fait d'avoir un corps d'homme n'est pas incompatible avec le fait d'avoir une identité de femme. La plupart des femmes qui sont dans ma situation préfèrent leur amoureux en homme mais elles acceptent cette différence par amour et par respect pour leur conjoint. Tout est une question de compromis. Certaines, par exemple, acceptent que leur conjoint prenne une apparence de femme dans la plus stricte intimité ou lors de fêtes comme l'Hallowen mais elles n'accepteraient jamais de sortir en public avec leur conjoint vêtu en femme. Pour d'autres, c'est l'inverse. Personnellement, je préfère de loin sortir à l'extérieur avec Micheline et avoir Pierre à la maison, dans l'intimité. Cela n'a jamais fait l'ombre d'un doute pour moi. Honni soit qui mal y pense. D'ailleurs j'ai toujours eu l'impression lorsque je sors avec Micheline que je suis comédienne d'une pièce de théâtre. Le seul problème c'est que, dans notre cas, le rideau ne tombe jamais... du moins à l'extérieur de la maison. Par contre, lorsque je retrouve mon Beau Grand Viking à la maison, j'oublie la pièce et je retrouve «ma» réalité. De toute évidence, la réalité de Pierre est différente de la mienne. Cette constatation m'a amenée à un grand questionnement au tout début de notre relation. Une telle relation pouvait-elle être viable si nos perceptions d'une même réalité était si différente ? |
![]() Vivre un coup de foudre ébranle quel que soit l'âge de la personne qui a reçu la flèche de Cupidon. Je n'ai pas fait exception à la règle. Tout a été si envoûtant mais si essoufflant. En complétant le présent site, j'ai délibérément fait un retour en arrière pour relire les nombreuses lettres transmises à mon amoureux alors que notre relation venait à peine de naître. La lecture de quelques-unes de ces missives m'a permis de revivre certaines émotions particulières que j'ai décidé de partager avec vous. L'expérience passée m'a démontrée, à la suite de la publication de mes livres, que les êtres humains se ressemblent et vivent souvent les mêmes drames. Je fais le voeu que les textes qui suivent vous permettront de mieux comprendre certaines réalités humaines auxquelles il est parfois difficile d'échapper. Février 2000 Une chose vient de m'apparaître comme évidente. Si je ressens le besoin de communiquer avec Pierre et non avec Micheline, c'est très certainement parce que je veux communiquer avec la personne «réelle» et non pas avec le personnage. Or, pour moi du moins, Micheline est un personnage. Je me trompe peut-être, ça je n'en sais rien. Mais - quelle que soit la réalité - si j'ai le sentiment que la personne réelle se cache derrière un personnage qu'elle joue, comment avoir le sentiment d'une réelle intimité psychique ? Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ?
Nous nous sommes rencontrés de façon très spéciale. Tu t'es retrouvé sur ma route à un moment où j'avais besoin d'un choc émotif pour me sortir de cette bulle dans laquelle je m'étais volontairement enfermée depuis des années. Elle me sécurisait et m'empêchait de me confronter à ma vulnérabilité. Ce fut un véritable coup de foudre, je m'en suis rendue compte après coup. Cela m'a d'abord complètement déstabilisée et fait peur. Puis, petit à petit, j'ai retrouvé ma sérénité et ma paix intérieure. Il y a bien sûr, à l'occasion, quelques petits pincements au coeur mais n'est-ce pas le propre des personnes amoureuses ? Je suis attirée vers toi comme un aimant vers un autre. Inutile de tout écrire, encore une fois, ce qui m'attire chez toi. De toutes façons, il y a des choses qui se passent de mots parce qu'elles dépassent notre entendement. De ton côté, il n'y a peut-être pas la même force d'attraction mais il y sûrement eu un certain déclic dont je ne peux pas encore comprendre la portée. Tant d'explication sont possibles. Ta solitude, le plaisir de te sentir admiré et aimé, l'attrait de la nouveauté. Tu as été d'une gentillesse exquise avec moi. Tes cartes virtuelles, tes gadgets d'ordinateur, ta disponibilité, ton invitation à l'émission, tes cassettes pour m'apporter un peu de bonheur. Lorsque tu es venu chez moi, j'ai senti un peu plus... mais ce moment fut si court. Présentement, je te sens préoccupé et pas vraiment réceptif au sentiment amoureux. Cela m'attriste un peu mais je n'en fais pas un drame. J'accepte avec philosophie la situation parce que je suis bien avec moi-même. Je pourrais rêver d'un autre scénario où tu serais follement amoureux (ou amoureuse) de moi, où nous nous envolerions pour Paris, puis pour San Diego, Londres ou la Thaïlande mais cela ne reste qu'un rêve. Comme tout le monde sur cette terre, tu dois faire des choix et vivre avec les conséquences de ceux-ci. Tu dois aussi être à l'écoute de tes propres sentiments et capter ceux des autres. Le sentiment amoureux ne se commande pas. Il est ou il n'est pas. Tu es une personne extrêmement fantaisiste. Lorsque je te revois danser sur l'air de «Que fais-tu là Petula ?», tous tes problèmes semblent s'envoler. Tu montes sur scène et réussis à exprimer ta joie de vivre. Je suis une personne différente. Je trouve ma joie de vivre dans des choses toutes simples. Un bon feu de foyer, un coucher de soleil, un gros câlin de chat ou une cassette de belles chansons. J'adore chanter et danser mais la vie calme et tranquille ne me fait pas peur. J'aime aussi l'amour, le sentiment amoureux et la sensualité mais je sais me passer de la vie de couple au quotidien sans sombrer dans la dépression. La vie m'a appris cela. La vie m'a aussi appris que pour s'incarner de façon harmonieuse et saine, l'amour et le sentiment amoureux devaient être partagés au même diapason. Sans ce partage et cette réciprocité de sentiments, la magie disparaît. La personne amoureuse est alors à la remorque de l'autre et souffre inévitablement de son indifférence. La personne moins amoureuse, de son côté, se sent coupable de ne pas répondre à l'appel. Ayant vécu les deux situations, je sais bien de quoi il en retourne. Avril 2000 J'espère que ta nuit a été plus clémente que la mienne. Ouf, quel chemin me faut-il traverser pour arriver à comprendre ce que je vis et, surtout, ce que je suis. On pourrait penser que tu es une personne complexe en ne se fiant qu'aux apparences alors que j'aurais l'air tout à fait «cool». Et pourtant... En fait, je réalise que nous sommes toutes les deux des personnes extrêmement sensibles et que nous vivons en quelque sorte dans un genre de prison de laquelle il nous est très difficile de sortir. Ensemble, nous communions vraiment dans l'amour et la fantaisie (je le ressens au plus profond de mon être) mais également dans la perception de la souffrance de l'autre. Cette nuit, j'ai vécu toutes les émotions difficiles que tu dois sans doute vivre depuis le début de ta longue quête. Peine, culpabilité, peur, détresse, anxiété et même désespoir. J'ai réussi à me parler, à retrouver une certaine sérénité réalisant que je porte depuis si longtemps cette difficulté en moi et réalisant surtout que tu n'es pour rien dans ma propre démarche. Les personnes «aimées» - et elles sont rares - sont des occasions uniques de mieux se comprendre, de travailler sur soi et d'essayer d'avancer malgré la souffrance. Les images n'ont pas cessé de défiler dans ma tête. Je comprends de mieux en mieux à quel point tu te veux femme. Pourtant, lorsque je te vois sans vêtements, ni bijoux, ni maquillage, tes longs cheveux sur les épaules... lorsque j'entends ta façon de penser... lorsque je regarde ton corps solide et viril... je te vois aussi en homme. Mais cela n'est pas très important. Le plus important est que tu puisses continuer à avancer et à réussir cette harmonie intérieure que nous cherchons tous d'une façon ou d'une autre. Je ne sais pas si nous réussirons un jour à nous rejoindre vraiment, au plus profond de nos êtres déchirés, mais je sais néanmoins que c'est un privilège de te connaître. Je me sens toute petite, au sens propre comme au sens figuré, et je ne sais pas dans quelle mesure je peux participer à ton bonheur. De mon côté, je sens bien que les barricades que j'ai érigées bien involontairement pour survivre et qui m'empêchent de vivre pleinement (notamment une vie sexuelle épanouie) sont des plus solides. J'ai eu l'impression, il y a quelques années, que je réussirais à les faire disparaître mais je constate aujourd'hui que je suis encore très loin du but. Ma solitude est aussi grande que la tienne. Sache cependant que te voir, t'écouter, te parler et te toucher représente quand même, pour moi, un cadeau du ciel. J'aime être dans tes bras et te caresser. Au moins, cela m'est accessible et j'y ai goûté avec bonheur. J'aime t'écrire, te lire et apprendre avec toi. J'aime rire avec toi. Cela est bon. Ne t'inquiète pas de moi et de nous. Je suis une grande personne et j'ai appris à gérer ma souffrance. Je te lance souvent des cris d'alarme et te convie à l'amour avec un grand «A» . Je suis sincère. Je comprends bien cependant que l'on ne peut décider d'aimer et d'être amoureux. On ne peut davantage prendre des raccourcis sur le chemin de l'évolution. Nous sommes toi et moi rendus à un certain endroit et il nous faut accepter les limites de notre capacité à entrer en relation avec l'autre. Au-delà des apparences, j'en arrache autant que toi. Mais cela ne nous enlève pas notre grande richesse intérieure. Cela ne doit pas nous enlever, non plus, l'estime de nous-mêmes. Au moins nous avons le courage de ce que nous sommes (toi dans tes démarches et moi dans mes livres). Mai 2000 Plus je t'écoute, te lis et pense à tout ça et plus j'ai envie de crier au monde entier ce qu'est une femme. Non ce n'est pas le look qui fait le genre féminin. Encore moins des sujets de conversation comme la mode ou autre chose similaire. La féminité, ça ne se passe «pas» dans la tête. Ça se passe dans le coeur et l'âme. Les qualités essentiellement féminines, tu peux les voir -par exemple - dans une personne comme Mère Térésa qui n'avait rien d'un sex symbol et qui n'avait certes pas comme préoccupation le magasinage ;-))) Ces qualités peuvent aussi se retrouver dans une femme belle comme Marilyn ou comme Cléopatre mais la beauté extérieure n'est pas essentielle. La mentalité de surface non plus. C'est vraiment au plus profond de l'être que ça se passe, de ça j'en suis convaincue. J'aimerais tant faire comprendre cela à toutes ces personnes qui souffrent de ne pas avoir un corps de femme. Les qualités de coeur et d'âme féminine, lorsqu'elles sont bien vivantes, ne connaissent aucun obstacle pour s'exprimer. Elles sont là et elles irradient de leur lumière éblouissante. Au-delà du paraître : l'être ! |
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Bonjour Mireille, Félicitations pour votre hebdo la Burqa, bien fait et très captivant. J'ai lu avec grand intérêt le profond message de Michèle-Anne Roncières que j'ai eu le bonheur de rencontrer à Paris à l'automne 2000. Je suis Michèle Morgan, conjointe d'une personne transgenre (Micheline Montreuil). J'aime et je respecte profondément mon amoureux et j'accepte sa différence même si celle-ci ne m'est pas toujours confortable. Depuis que je suis sa conjointe, je réfléchis beaucoup sur toutes les notions auxquelles Michèle-Anne fait référence dans son écrit. Personnellement, je suis arrivée à la conclusion qu'il y a trois niveaux chez tout être humain. Le niveau physique (corps), le niveau mental (intellect) et un niveau plus profond que l'on peut qualifier de spirituel (âme ou esprit). À plusieurs reprises, j'ai constaté que les personnes qui se questionnent sur leur identité sexuelle le font surtout au niveau mental. Il peut s'agir de fantasmes ou de fétichisme. Il s'agit parfois d'une simple curiosité, d'un goût de vivre quelque chose de différent. Chez d'autres personnes, comme Michèle-Anne, il semble que le genre profond ne correspond pas à l'apparence physique. Si, en plus, ces personnes ont la conviction mentale (dans leur tête) qu'elles sont nées dans un corps non conforme à leur genre profond, elles ont davantage de problèmes à être heureuses. Dans une oeuvre ésotérique que j'apprécie beaucoup, le Message du Graal, le processus d'incarnations successives pour un être humain est très bien expliqué. De l'état d'esprit inconscient, l'être humain s'incarne à plusieurs reprises pour devenir conscient. Le choix "spirituel" de son genre (masculin ou féminin) est un choix initial qui semble devoir le suivre tout au long de ses différentes incarnations. Il peut cependant s'incarner à tour de rôle dans un corps d'homme ou dans un corps de femme. Il peut aussi avoir une identité qui est différente de ce corps et qui peut le conduire, à titre d'exemple, à choisir comme orientation sexuelle, l'homosexualité. Il semble cependant que le genre initial demeure tout au cours du processus. Les psychologues et toutes les personnes qui s'intéressent aux transgenres négligent cet aspect important de la question. En abordant la situation avec ces données plus complètes, on peut facilement retrouver toute la gamme des êtres humains vivant sur cette terre. Étant auteur, je me propose d'écrire un prochain livre dans lequel ces différentes notions seront abordées plus en détails. Quant aux autres aspects dont Michèle-Anne parle, je suis entièrement d'accord avec elle. Je suis d'avis que chaque être humain, quel qu'il soit, se doit de développer son être plutôt que son paraître. Au-delà des apparences, ce sont les qualités de coeur et d'âme qui comptent davantage. Le raffinement, la délicatesse, la bonté, la pureté d'intention, l'honnêteté ne sont pas des qualités réservées aux femmes génétiques ni aux transgenres. Ce sont des qualités auxquelles tout être humain qui veut évoluer peut aspirer. Je connais des hommes qui possèdent ces grandes qualités et qui ne ressentent pas le besoin de vivre sous une apparence féminine pour les exprimer. Cela vient probablement du fait que ces hommes ressentent une harmonie entre les trois parties de leur être (physique, mental et genre plus profond au niveau spirituel). En apprenant à mieux comprendre l'essence de l'être humain, en acceptant de mieux percevoir les qualités de coeur, nous parviendrons sans doute à être tous plus heureux ensemble. Michèle-Anne, un gros merci pour ton texte. Je demeure persuadée qu'il y a des personnes complémentaires pour chacun et chacune d'entre d'eux. L'important est avant tout de s'accepter avec ses limites et de développer au maximum ses ressources. En temps opportun, la vie met quelqu'un de bien et de bon sur notre route. N'en suis-je pas la preuve vivante en ayant eu la grande chance de rencontrer mon amoureux à un moment de ma vie où je pensais qu'il n'y aurait plus d'amour conjugal ? |
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Message
à Marie-Hélène, transgenre et travesti qui habite
à Paris. Connu par son site internet mais rencontré en personne
à Paris, sous son apparence masculine. Je considère cette
personne comme une personne épanouie et équilibrée.
En tant qu'homme, il est marié et père d'une belle petite
fille. Artiste de profession, il vit très bien cette particularité.
Bonjour Marie-Hélène, Je suis réellement touchée par votre site. Votre écriture est aussi belle que vos photos. J'ai aussi beaucoup apprécié la mise en page. Tout est fait avec goût et raffinement. Je suis présentement amoureuse d'une personne en transition qui se dit «transgenre» et non transsexuelle. Je me pose beaucoup de question car mes sentiments envers cette personne sont si intenses. En tant que femme hétérosexuelle «toute ordinaire», je me demande quelle peut être ma place à côté de cette personne. De plus, je ne ressens vraiment pas beaucoup de féminin au contact de mon amoureux que je connais depuis le mois de janvier dernier. Il porte des vêtements féminins et se maquille depuis maintenant quinze ans (il a 47 ans) mais au niveau de la pensée, des réactions, de l'interaction avec les autres, il me semble tellement plus masculin que féminin. J'admire cependant son courage et sa détermination car en raison de son parcours particulier, il a rencontré de multiples problèmes dont la perte d'un emploi. J'ai toujours pensé que la véritable féminité se retrouve dans le coeur et l'âme bien plus que dans l'apparence extérieure ou les goûts pour la beauté plastique. Il est vrai que n'ayant pas vécu cette expérience personnellement, il m'est bien difficile de la comprendre. Je pense, par exemple, à Mère Térésa qui n'avait rien d'un sex symbol et qui, pourtant, a apporté tant de lumière par sa «véritable» féminité. Je ne dis pas que des beautés plastiques ne peuvent pas avoir aussi ces grandes qualités du coeur et de l'âme, mais ce n'est pas nécessaire d'être une reine de beauté pour être une femme au sens le plus profond et le plus noble de cette réalité. Ainsi, il me semble que tout être humain, homme ou femme, qui veut exprimer des qualités dites plus féminines comme la douceur, l'intuition, la noblesse de sentiments, la pureté du coeur, la fidélité... etc. peut le faire, quelle que soit son apparence extérieure. Pourquoi, selon vous, le «paraître» est quelque chose de si important pour les transgenres et les transsexuelles ? Serait-ce justement parce que ces personnes sont nées avec un corps masculin ou serait-ce en raison d'une compréhension différente de ce qu'est le genre féminin ? Je vous remercie de l'attention que vous porterez à ma missive et j'ose espérer que vous y répondrez.
Chère Michèle, Vous posez la grande question, je connais bien ce problème car je connais bien le milieu des trans et des travestis, mais souvent elles ne sont pas d'accord avec moi, car j'aime regarder les choses en face et je me suis posée les mêmes questions sur moi-même. Il est sûr que ni les hommes ni les femmes sont 100% homme ou femme mais une nuance des deux. Lorsqu'un enfant naît, il n'a pas de sexe défini sinon son sexe physique. Il devient fille ou garçon lorsqu'il se rend compte qu'il ressemble plus à son père ou sa mère. Les problèmes d'identité et de genre viennent souvent lorsqu'un garçon n'admire pas son père mais plus sa mère et veut donc plus ressembler à sa mère qu'à son père. L'un des facteurs déclenchant le transsexualisme est souvent lié au viol d'un garçon par un homme, un viol physique violent ou parfois davantage un viol psychologique. On rencontre ce même facteur dans les pays orientaux et les pays latins où la femme est très protégée au sens de la propriété, où les adolescents n'ont pas accès à la sexualité, sauf les fortunes qui payent, mais pour les autres, la seule possibilité est d'avoir une sexualité entre garçons. Avec les mêmes conséquences que les viols. donc pour beaucoup de garçons qui auraient été violés par un homme ou un autre garçon, ils peuvent moins l'accepter qu'une fille, ( je ne dis pas que pour un garçon se faire violer est plus traumatisant que pour une fille, mais pour le garçon, il y a en plus l'élément homosexuel) La seule manière d'accepter le viol est de devenir une femme. J'ai remarqué que les transsexuels qui ont ce problème, se font opérer rapidement. Mais un ami chirurgien m'a dit que la moitié des transsexuels opérés se suicidaient. On vit parfois la souffrance sur une route ou on a voulu faire sa vie, mais parfois au bout on ne trouve pas ce qu'on désirait. J'ai vu une fois un garçon assez féminin, des amis m'ont dit que c'était un transsexuel qui après s'être fait opérer, a voulu redevenir un homme. J'ai remarqué souvent chez les travestis que leur vie d'homme n'était pas vraiment exceptionnelle, mais dès qu'ils étaient en femmes, ils pensaient attirer l'attention, exister beaucoup plus, se qui provoque la question et la réponse: «Ma vie en femme est plus intéressante que ma vie d'homme». Certains entrent facilement dans l'engrenage. Il se passe la même chose pour les gens qui se déguisent pour le carnaval, revêtir l'identité d'un autre est toujours grisant mais ne fait pas une vie. Le problème est que si tu es amoureuse d'une personne ainsi, je pense qu'il faut que tu sois vraiment très amoureuse pour pouvoir supporter tous les inconvénients et beaucoup de portes qui se fermeront. La véritable féminité est intérieure, se déguiser pour l'exprimer est très secondaire. Quand je suis en fille je ne sens aucune différence en moi, j'aime bien le faire mais je n'en fais pas une obsession qui dirige ma vie. Le sexe représente au niveau horaire une partie infime de notre vie mais il occupe dans les pensées la place principale, une vie ne se construit pas sur une libido. Bises Marie-Hélène Lettre à la conjointe d'un transgenre Bonjour Sophie, Je me présente : Michèle Morgan, conjointe de Me Pierre (Micheline) Montreuil qui est transgenre. Nous sommes ensemble depuis 2 ans. J'ai lu avec intérêt votre message sur le site de votre conjoint. Vous et moi vivons beaucoup de choses similaires. Je n'ai pas beaucoup de temps pour vous écrire ce soir mais je me promets de le faire dans un avenir rapproché. Je vais bientôt avoir mon propre site internet car j'ai publié 6 livres sur le bonheur. Ce site en fera notamment la promotion. Le premier de ces livres «Pourquoi pas le bonheur ?» est assez connu au Québec. Dans ce site, je parlerai également de ma situation en tant que conjointe de transgenre. J'espère que cela pourra être utile à toutes les femmes qui sont dans notre situation. Mon amoureux parle aussi de nous dans son site internet. Je vous transmets deux photos de mon amoureux (habillé en femme) et moi, ainsi que deux photos de mon amoureux habillé en homme. Évidemment, je préfère son look masculin . Je m'en cache pas... même lorsque nous faisons des entrevues ensemble à la télévision ;-))) Comme vous l'écrivez si bien, c'est de l'homme dont nous sommes amoureuses pas de la femme. Je peux aimer Micheline mais je suis amoureuse de Pierre. En fait, j'aime toutes les parties de son être. Pour le côté séduction, Pierre rejoint davantage la femme en moi. Je n'ai jamais eu de tendance homosexuelle et le fait de voir mon amoureux habillé en femme me fait sourire. Cela ne réveille aucune ardeur sexuelle chez moi. Cela a plutôt l'effet contraire. J'ai aussi l'impression, à ces moments-là, d'être avec une adolescente. Mais si cela l'amuse... Dans le cas de Micheline, c'est devenu (pour le moment) son mode de vie. Le temps réservé au look masculin est plutôt réduit. J'ose espérer qu'un certain équilibre reviendra lorsqu'il aura terminé ses batailles juridiques. Je vous souhaite une belle journée. J'admire votre courage car je sais que cela en prend ! Au plaisir de vous lire. Michèle Très cher Matthieu, Je suis tellement heureuse de recevoir de tes nouvelles enfin. À la période des Fêtes, je t'ai transmis un message à ton autre adresse Internet pour te remercier de ta dernière cassette que j'ai tellement appréciée. Je te demandais aussi où je pouvais t'écrire. N'ayant pas reçu de réponse, j'ai pensé que tu avais trouvé du travail à l'étranger et que tu n'avais pas encore le temps d'écrire. Je t'écris donc à ton adresse hotmail en espérant que tu recevras mon message. Comme je suis actuellement au bureau, tu peux m'écrire ici. J'aime beaucoup ta photo. Tu as l'air heureux et en paix. Je te trouve beau garçon. Je réalise que beaucoup de choses ont évolué dans ta vie et je suis certaine que tes guides te conduisent au bon endroit. Le fait d'être bisexuel ou homosexuel peut apporter certaines difficultés mais je réalise que les personnes qui vivent ces expériences ont aussi une très grande sensibilité qui leur apporte d'autres avantages. Mon expérience particulière avec mon amoureux Pierre/Micheline m'a beaucoup aidée à mieux comprendre l'identité et l'orientation sexuelle. Je suis maintenant persuadée qu'un être humain a trois niveaux : le corps, l'intellect et l'âme (ou esprit). Parallèlement à ces trois niveaux, on retrouve donc le sexe situé au niveau du corps (masculin, féminin ou hermaphrodite), l'identité (située au niveau de l'intellect) et le genre (situé au plus profond de l'être, au niveau de l'âme). L'identité - comme le corps d'ailleurs - peut se modifier au fil des expériences. Le genre est "immuable". Le genre est donc présent avant la naissance et après la mort physique. À partir de cette constatation intéressante, j'ai réalise que plusieurs psychologues et psychiatres confondent identité sexuelle et genre. Par contre, en dissociant les deux, tu peux facilement expliquer la plupart des comportements humains. Les personnes transsexuelles, par exemple, ont un genre et une identité qui ne sont pas opposés l'un à l'autre mais qui ne correspondent pas à leur corps. Elles se sentent donc prisonnières de ce corps qui n'est pas le reflet de leur genre et de leur identité. Certaines optent pour la transformation de leur corps alors que d'autres préféreront avoir une orientation sexuelle vers le genre opposé même si le corps de cette personne est du même sexe. D'où l'homosexualité. Certaines personnes, comme Pierre/Micheline, ont à mon avis un genre et un sexe qui sont en harmonie mais, pour différentes raisons, ont développé une identité qui ne correspond pas à ce genre et ce sexe. Elles vivent donc certaines tensions sans toutefois rejeter complètement leur corps. Elles peuvent désirer certains attributs des deux sexes (comme, par exemple conserver leur organes génitaux mâles tout en ayant des seins qui pourraient ressembler à des seins de femme). Ces personnes qu'on peut appeler transgenres peuvent donc, au cours d'une même vie, vivre alternativement en homme et en femme (par leurs vêtements et leur nom) mais elles demeurent fondamentalement de genre masculin ou de genre féminin selon ce qu'elles étaient avant leur incarnation. Ainsi, un être humain peut - à tour de rôle - être incarné dans un corps d'homme et de femme, avoir une orientation hétérosexuelle, homosexuelle ou bisexuelle, sans que cela fasse de cette personne un être dépravé. La société n'est pas encore suffisamment évoluée pour comprendre toutes ces notions. Je projette donc écrire un nouveau livre pour aider les gens à mieux comprendre cette situation qui m'apparaît tellement simple une fois que l'on a identifié les trois niveaux. Dans un autre ordre d'idée, je suis très heureuse avec mon amoureux. Nous espérons vendre nos deux propriétés respectives et commencer à vivre ensemble bientôt. Nous nous fréquentons depuis une année déjà. Une année de beaux souvenirs et de découvertes à tous points de vue. Beaucoup d'émotions et de batailles à livrer avec l'entourage mais cela ne me fait pas peur. J'espère que nous pourrons vivre paisiblement notre amour, sous le même toit, en gardant Soleil et Chaton. Il les aime bien mais n'était pas prêt psychologiquement à vivre avec des animaux lorsqu'il m'a rencontrée. Il chemine mais n'est pas encore complètement décidé. Je prie tous les jours pour que nous trouvions un terrain d'entente à ce sujet satisfaisant pour les deux. D'ailleurs, Soleil et Chaton l'adore. Mon amoureux et moi aimons tous les deux voyager et nous espérons pouvoir partir dans un avenir pas trop lointain. Nous ne savons pas encore où nous irons. Aujourd'hui, je ne peux t'écrire plus longuement car je dois aller au boulot. J'ai hâte de voir comment tu te sens avec ton ami et quel travail tu trouveras. Je suis certaine que ta mère et ta sœur te comprendront. Quant à ton père, je pense que ce sera plus difficile d'après ce que tu m'en as dit. J'ose espérer qu'il se réconciliera avec l'idée. Donne-moi de tes nouvelles. Je vais essayer de t'envoyer une cassette de musique dès que possible. Dis-moi à quelle adresse postale t'écrire. Dis-moi aussi si je peux te transmettre des fichiers (photos, cartes virtuelles ou autres) sur Internet. J'aimerais bien te transmettre une photo de mon amoureux et moi ensemble. Tu verrais à quel point je suis heureuse près de lui. Extrait d'une lettre à un ami très cher Je suis à cet endroit où, comme le funambule, je marche sur la corde raide sans trop savoir où est le port d'attache et si je perdrai pied dans cet ouragan incroyable. Je fais des pas de géants à tous points de vue. Je suis maintenant passionnée par l'histoire de France, les antiquités grecques et égyptiennes. Je rêve de voyages et de démesure. Je rencontre de nouvelles personnes qui ont été capables de faire éclater les tabous de l'éducation et du conformisme tout en conservant une dignité exemplaire. Je perçois l'univers d'un oeil tout à fait nouveau, moins critique et plus admiratif. J'écoute "ses" cassettes très différentes des nôtres mais qui évoquent aussi ce grand besoin de tendresse et de romantisme. Je replonge parfois dans l'univers aride du droit mais avec le recul d'un vécu et d'une maturité que l'on ne possède pas à la sortie de l'université. J'ouvre mes horizons à une meilleure compréhension des phénomènes politiques et économiques tout en conservant un grand besoin de contact avec la nature à son meilleur. Les animaux, les arbres, le ciel et l'eau sont toujours de la fête. Plus que jamais, je réalise la complexité des êtres humains sans toutefois essayer de tout comprendre. Le plus grand cadeau de cette rencontre providentielle : j'ai appris à vivre avec l'insoluble. Quel repos pour une éternelle analyste comme je l'étais. J'ai donc appris à aimer et accepter sans comprendre, sans expliquer, sans vouloir changer. Quelle sérénité ! Je suis enfin capable de mettre en pratique le "vivre et laisser vivre" dont j'ai tant fait l'éloge dans mes livres. Je vis une complémentarité qui est sûrement enrichissante pour l'évolution. Sa force herculéenne, tant physique que morale, m'apporte un sentiment de confiance malgré les circonstances qui paraissent, pour tout l'entourage, le comble de l'insécurité. Sa polyvalence ne cesse de m'étonner... sa passion de me charmer... son amour de m'habiter. Je lui ai donc ouvert mon coeur et mon âme et, délibérément, lui ai offert toute la place devenue disponible depuis plusieurs années de célibat. La montagne est source d'émerveillement, l'être humain aussi. Ta voie et la mienne sont différentes mais nos voix chanteront toujours l'amour de la vie. Une elfe aérienne t'envoie, très cher ami, son plus beau sourire et te souhaite un arc-en-ciel de créativité. Extrait d'une lettre à une amie de longue date Depuis février 2000, je fréquente Pierre Montreuil et je le considère comme un homme malgré ses vêtements et le prénom Micheline qu'il s'est choisi. Au-delà des apparences de vêtements, de maquillage, de longs cheveux, je sens chez lui une énergie profondément masculine (yang) et un genre masculin au niveau de l'âme. Cette perception ne s'est jamais démentie au fil des mois. Par ailleurs, ma relation avec lui a nettement renforcé ma propre féminité. J'aime Pierre profondément pour ce qu'il est "intrinsèquement" et j'accepte son cheminement particulier malgré que ce n'est certes pas ce que je préfère. Je suis persuadée que chaque être humain recherche le bonheur et essaie de survivre à son angoisse existentielle. Pierre a choisi de devenir Micheline. Est-ce pour se protéger ? Est-ce en réaction à sa propre masculinité ? Est-ce en réaction à sa propre enfance ? Est-ce le cheminement que son âme a choisi pour s'affranchir de certains préjugés et pour faire évoluer l'humanité ? Plusieurs possibilités de réponses mais aucune n'est vérifiée. Pierre n'a jamais fait de thérapie car il est persuadé que cette démarche serait inutile à son bien-être. Il ne demande qu'une chose : être libre de vivre comme bon lui semble. La réaction des autres à son cheminement est très partagée. Moi-même qui l'aime profondément ai parfois des réactions de colère et de frustration lorsque je le vois prendre une telle route. Ma frustration reflète très certainement mes propres carences et mes propres insécurités. En ce sens, sa situation me blesse parfois mais elle me fait évoluer. Au-delà des apparences, des difficultés, des inquiétudes, des peines et des frustrations, je vis avec Pierre la plus grande passion de ma vie. Il est un être absolument charmant, intelligent et d'une douceur chaleureuse. Je l'aime et c'est le plus important. Pour moi, c'est lui l'homme de ma vie. Pierre ou Micheline, est-ce si important ? Michèle |
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En guise de conclusion Poème écrit en 1910 par Rudyard Kipling, à l'intention de son fils, John, alors agé de 12 ans suivi d'un très beau poème de Carlos Castaneida. Des photos de Pierre plus jeune accompagnent ces poèmes que je lui dédis avec tendresse. |
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Si...
Si
tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie et sans dire un seul mot
te mettre à rebâtir,
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Poème écrit par Carlos Castaneida.
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Tu
dois
toujours garder à l'esprit qu'un chemin n'est qu'un chemin.
Si
tu sens que tu ne dois pas le suivre, tu ne dois pas y demeurer pour aucune
considération.
Mais
ta décision de rester ou de quitter le chemin doit être libre
de toute peur et de toute ambition.
Pose-toi
ensuite une seule question, et à toi seul :
Tous
les chemins sont semblables.
Les
deux mènent nulle part.
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