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Le Goût d'être heureux... en dix chapitres


Le Goût d'être heureux
Tous droits réservés
©Le Dauphin Blanc
Table des matières
Mot de l'auteur 1998
Mot de l'auteur 2007
Avant-propos
Retrouver l'enfant en soi

 

Table des matières

Mot de l’auteur

Avant-propos

1. La légende personnelle
    Identifier qui l’on est
    Découvrir ses talents
    Développer une discipline et un certain contrôle de soi
    Pratiquer le lâcher prise
    Prendre sa place

2. La peur du rejet
    Aimer
   Être aimé
    Être écouté
    Être reconnu
    Donner au lieu d’attendre quelque chose des autres

3. La beauté des corps
    Remodeler ses trois corps
    Vieillir en beauté
    Apprendre des trucs faciles
    Tendre vers l’unification des corps
    Rechercher l’harmonie

4. La solitude
    Choisir d’être seul
    Améliorer son environnement
    Cultiver les contacts affectifs
    Vivre un jour à la fois
    Être seul, mais pas isolé

5. La force sexuelle
    Dompter et canaliser sa libido
    Étudier ses fantasmes
    Relativiser l’importance de l’orgasme
    Jouir des bienfaits de l’approche tantrique
    Orienter sa force sexuelle vers la créativité

6. La cigale et la fourmi
    Trouver des intérêts lucratifs
    Compléter des études à tout âge
    Chercher un emploi
    Comprendre l’importance de l’économie
    Préparer sa retraite

 7. La clandestinité
    Dévoiler le secret
    Se placer dans la lumière
    Refuser le chantage émotionnel
    Apprendre la valorisation de soi
    Décider de s’aimer

8. La maladie et les peurs irrationnelles
    Admettre son problème
   Raconter ses difficultés
    Travailler sur l’image de soi
    Utiliser la programmation   et la visualisation
    Accepter la santé et la libération

9. La dépendance affective
    Reconnaître sa dépendance
    Démasquer ses anesthésiants
    Retrouver l’enfant en soi
    Devenir son propre parent
    Faire la symbiose avec soi-même

10. Le rendez-vous avec la mort
      Connaître le processus
      Apprivoiser la mort
      Préparer son départ
      Rencontrer des personnes près de la mort
      Imaginer sa renaissance

En guise de conclusion

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Mot de l'auteur 1998

Il y a quelques années, j’ai traversé une épreuve que j’aitrouvée particulièrement difficile. En effet, après cinq semaines de combat contre sa maladie, je dus me résigner à faire endormir ma chienne, Soleil, à laquellej’étais très attachée. Environ deux ans après, j’ai pourtant décidé de retourner au chenil d’où elle venait pour aller chercher une petite golden retriever, que les enfants de l’éleveur ont spontanément nommée Soleil, comme l’autre, connaissant mon affection pour cette dernière.

L’expérience douloureuse m’a cependant beaucoup appris sur la vie et sur la mort, sur la soif d’attachement et sur la difficulté à vivre, le moment venu, le détachement pour passer à autre chose. Après avoir pris la décision de cesser le combat contre la maladie dont souffrait Soleil, j’étais dans tous mes états et je passais, d’une minute à l’autre, d’un état de peine à la révolte, à la résignation, puis même à la joie de savoir qu’elle serait enfin soulagée du fardeau de la maladie qui l’accablait. Cet événement m’a aussi permis de vivre, quelques heures avant le départ de Soleil, une expérience étonnante. En effet, environ trois ou quatre heures avant que le vétérinaire ne vienne l’endormir à la maison, malgré son extrême faiblesse et sa perte d’entrain pour le jeu, Soleil a manifesté un regain de vie. Quelle ne fut pas ma surprise de la voir soudain s’asseoir très droite et regarder intensément tout ce qui l’entourait, comme si elle savait qu’elle voyait cet environnement pour la dernière fois, avec le corps physique que son âme animale habitait depuis cinq ans seulement. Je fus tout aussi surprise de la voir se rendre à son plat d’eau pour y boire longuement, comme si la santé lui était revenue par miracle.

Lorsque j’ai parlé du comportement de Soleil au vétérinaire qui s’était occupé d’elle durant sa courte vie ? mais à qui je n’avais pas voulu confier la tâche de l’euthanasier, réalisant combien difficile est cette partie du travail d’un vétérinaire ?, il me dit ceci: «Michèle, connais-tu l’expression le Mieux de la mort?» Je lui avouai mon ignorance totale quant à cette expression et ce qu’elle pouvait représenter. Il m’expliqua alors que la plupart des animaux, comme la plupart des êtres humains, vivent, quelques jours ou quelques heures avant de quitter leur corps physique, un grand moment de paix s’apparentant à une forme d’extase. Il me dit aussi que, à l’occasion, il arrive même qu’une personne plongée dans le coma depuis très longtemps sorte soudainement du coma et, au cours de ce moment privilégié appelé «Le Mieux de la mort», vive, pleinement consciente, des heures précieuses durant lesquelles elle communique sereinement et lucidement avec son entourage.

L’expression m’a fortement impressionnée et, au fil des années, a germé dans ma tête. Presque quatre ans après cette découverte, l’idée du Mieux de la peur a surgi en moi, comme une fleur prête à éclore. Pendant quelques jours, j’ai joué avec cette idée, l’ai examinée sous toutes ses facettes pour finalement me l’approprier définitivement et en faire le thème de ce livre.

Si le passage de la vie à la mort comprend un moment que l’on peut qualifier de «Mieux», pourquoi n’en serait-il pas de même pour le passage de la peur à la libération de cette peur puisque, selon les études de la psychologie humaine, toutes nos peurs, des plus grandes aux plus petites, sont presque toujours une expression de notre peur ultime: la peur de la mort.

Parallèlement à cette réflexion sur les grandes questions existentielles, j’ai aussi observé et écouté les gens autour de moi. Une amie me téléphone pour me dire qu’elle a peur du divorce et qu’elle a peur de s’endormir le soir parce qu’elle fait des cauchemars. Un collègue de travail, admissible à la retraite, décide de ne pas faire le grand saut par peur de la solitude et de l’inactivité professionnelle. Un autre ami ne demande pas le divorce de peur de blesser irrémédiablement sa conjointe qu’il sent fragile et vulnérable, abdiquant ainsi sa propre liberté.

Dans une perspective plus large, tout le monde a peur de la maladie, du vieillissement et du manque de ressources matérielles pour se sentir indépendant. Presque tout le monde a aussi peur de ne pas être aimé ou de ne pas être apprécié par son entourage immédiat. Les politiciens ont peur de ne pas être élus ou de perdre le pouvoir difficilement acquis, et, j’imagine, peur de ne pas bien utiliser ce pouvoir lorsqu’ils le possèdent.

Bref, nous voulons tous vivre heureux mais, en même temps, nous sommes très souvent morts de peur tout au long des expériences que la vie nous fait traverser, de gré ou de force.

Cette observation m’a conduite, en pensée, vers ma copine Luce, à qui je voue une grande admiration. Cette personne m’a toujours fait part de sa crainte de ne pas être à la hauteur dans sa vie professionnelle; pourtant, j’ai rarement connu quelqu’un de plus appliqué et de plus minutieux dans l’accomplissement de son travail. Pas étonnant que ses employeurs lui accordent toujours des mentions d’excellence et qu’on n’hésite jamais à faire appel à elle lorsqu’il se présente de nouveaux défis à relever. Elle vous dirait sans doute qu’elle n’est pas rendue au sommet de l’échelle et que son étoile est encore toute petite, au firmament de la visibilité sociale, et elle aurait sans doute raison. Par contre, et c’est ce qui a retenu mon attention, sa détermination et sa capacité d’affronter sa peur, au lieu de se laisser écraser par elle, l’ont conduite à remplir ses obligations professionnelles de façon exemplaire et lui permettent d’occuper des postes intéressants, relevant sans cesse de nouveaux défis.

En observant mes propres peurs, je réalise qu’elles auraient pu m’amener à m’éteindre graduellement en vivant dans la terreur. J’ai cependant préféré me servir d’elles comme d’un levier puissant afin de me rendre à l’état de bien-être dans lequel je suis aujourd’hui. Cet état n’est certes pas parfaitement constant et il ne m’évite pas toutes les souffrances physiques ou émotionnelles, mais il a le pouvoir de me procurer une qualité de vie des plus appréciables.

Le présent ouvrage vous invite donc à observer quelques-unes des peurs qui nous habitent parfois, et que nous pouvons transformer en alliées. En effectuant cette démarche et en envisageant cette simple idée qu’à l’intérieur de toutes vos peurs se cache peut-être un «Mieux» qui vous permettra d’être plus créatif et d’améliorer le contact avec votre intuition, vous ne deviendrez pas quelqu’un d’invulnérable, sans peur aucune, mais vous serez très certainement en mesure d’observer vos peurs les plus redoutables avec un nouveau regard, curieux et interrogateur.

Dans ce livre, j’aborde également, sans détour, dessujets que certains pourraient considérer comme honteux, tels que les fantasmes et les blocages sur le plan sexuel, la peur de voir s’altérer son image corporelle, à laquelle on consacre tant d’efforts pour la conserver intacte et jeune le plus longtemps possible, la crainte de déplaire à sa propre mère même après avoir atteint l’âge adulte, et bien d’autres encore. Ces sujets sont parfois tabous; pourtant beaucoup d’hommes et de femmes sont aux prises, à quelques nuances près, avec des difficultés de ce type, même s’ils croient être les seuls à y faire face.

Que se cache-t-il derrière toutes nos appréhensions et comment pouvons-nous nous servir d’elles pour mieux nous connaître et pour vivre plus intensément notre vie? Ce livre n’a pas la prétention de vous apporter toutes les réponses ni de vous éviter toute forme de souffrance, mais, comme vous vous reconnaîtrez très certainement dans la description des différentes peurs vécues par les êtres humains, il vous offrira une perspective positive pour apprivoiser vos peurs les plus secrètes.

Identifier ses peurs, les décrire, en parler ouvertement, réaliser qu’elles se retrouvent chez d’autres personnes est un premier pas vers la prise de conscience de leur côté positif.

Il faut ensuite tenter de trouver à quel besoin profond chacune des peurs correspond, contribuant ainsi à mettre en mouvement un mécanisme de réaction différent de celui que ces peurs déclenchent habituellement.

Apprivoiser ses peurs et découvrir le «Mieux» de chacune d’entre elles est une façon de poursuivre l’apprentissage de l’art d’être heureux. Ceux et celles qui me connaissent déjà par mes livres précédents penseront sans doute que le thème de l’aspiration à un mieux-être ne cesse de m’habiter, et ils auront tout à fait raison. Réfléchir sur l’apprentissage du bonheur est en effet devenu, pour moi, une véritable passion, qui m’anime et me donne toujours le goût de partager mes découvertes avec les gens qui m’entourent.

Il faut avoir beaucoup souffert pour réaliser l’importance de trouver la voie de la sérénité et de la paix. Il faut avoir beaucoup reçu pour avoir envie de donner aux autres un peu de lumière. Il faut être vraiment bien dans sa peau pour rencontrer son public au cœur de la douleur, mais, aussi, au cœur de l’amour.

Mot de l'auteur 2007

Tout le monde a le goût d'être heureux et cherche des moyens pour accéder au bonheur.

Peut-on cependant affirmer que les gens sont heureux ? Souffrent-ils parfois de certaines peurs qui empoisonnent leur vie ?

La vie ressemble à une course à obstacles qui laisse peu de place au repos du corps et de la tête. Ces obstacles deviennent trop souvent de véritables détracteurs qui nous empêchent d'accéder au bonheur. Certains obstacles évoluent parfois au stade d'une pathologie envahissante. On parle alors de maladie et on recommande à la personne atteinte de consulter un spécialiste de la santé ou de joindre un groupe de personnes souffrant de ce même problème.

Tout le monde ne souffre pas nécessairement d'une maladie grave nécessitant une psychothérapie ou un traitement médical. Toutefois, la majorité des gens souffrent, un jour ou l'autre, d'anxiété, d'angoisse et même de panique au sujet des aléas de la vie. Ce mal de vivre ne les rend pas dysfonctionnels mais il risque de perturber grandement leur apprentissage dans l'art du bonheur.

Quels sont ces obstacles susceptibles de court-circuiter notre droit au bonheur ? Il y en a des centaines et ce livre n'a pas la prétention de les aborder tous. Les dix obstacles dont il est question dans ce livre sont néanmoins répandus et semblent atteindre un très grand nombre de personnes, jeunes et moins jeunes.

Il semble en effet qu'à peu de choses près, la majorité des gens rencontrent les mêmes obstacles qu'ils ne révèlent pas toujours à leur entourage. Difficulté à trouver sa place dans la vie, impression de ne pas être apprécié, insécurité financière, dépendance affective, inquiétude au sujet du vieillissement, peur de la solitude, de la maladie et de la mort sont des exemples d'obstacles au bonheur. Ils sont monnaie courante et il ne faut pas penser être seul à ressentir ces peurs tout à fait normales qui deviennent malheureusement, pour certaines personnes, de véritables pièges dont elles cherchent sans succès à se dégager.

Existe-t-il des moyens simples et peu coûteux pour surmonter les obstacles, apprivoiser la peur et se donner le droit au bonheur ? Est-il possible de quitter l'état de mal-être pour arriver à celui de bien-être en changeant quelques comportements et, surtout,  en faisant l'effort de transformer  nos pensées ?

Sa Sainteté le Dalaï Lama déclare que «La sensation d'être heureux ou malheureux dépend rarement de notre état dans l'absolu, mais de notre perception de la situation, de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons. »

En observant l'effet produit par nos différentes peurs sur notre manière de vivre, j'ai découvert que celles-ci pouvaient soit nous écraser, soit nous apporter des munitions pour améliorer notre qualité de vie. Les pistes d'action proposées dans ce livre sont à la portée de tous. Elles sont parfois d'une simplicité déconcertante mais n'en sont pas moins efficaces. Les essayer n'exige que peu d'effort et ne demande pas une foi absolue dans le résultat espéré.

En 1998, ce même livre a été publié aux éditions Libre Expression sous le titre «Le Mieux de la peur». Le choix de ce titre est expliqué dans le mot de l'auteur écrit à cette époque et qui se trouve à la section suivante de cette nouvelle édition.

Comme la chenille devient papillon, ce livre sur le bonheur a fait peau neuve. L'objectif de ce livre caresse une ambition : celle de vous permettre de découvrir, en observant ces peurs qui vous rongent et en les apprivoisant, une source de force pour avancer en toute confiance vers la sérénité. La peur existe, on ne peut le nier. En acceptant de considérer la peur comme une amie, une alliée, une occasion de façonner notre destinée, on fait un pas irréversible vers le mieux-vivre. La confiance naît de l'expérience et l'expérience n'appartient qu'à celui et celle qui accepte de la traverser.

Le bonheur n'est jamais un état qui dépend de quelque chose qui nous est extérieur, de quelque chose qu'il faudrait à tout prix obtenir pour être heureux et dont l'absence rendrait malheureux. Le bonheur est une aptitude que certaines personnes semblent avoir depuis toujours. On dit de ces personnes qu'elles ont le «bonheur facile». Cette aptitude se développe idéalement dès l'enfance si les besoins de l'enfant sont suffisamment comblés pour lui donner confiance en lui-même et, surtout, une réelle estime de lui-même. Si ce n'est pas le cas, comme pour moi et bien d'autres, il faut apprendre à être heureux.  Un défi de taille mais dont l'investissement constitue, je peux en témoigner, le meilleur placement d'une vie.

Il suffit parfois de si peu pour transformer la chenille en papillon, pour oser être heureux. «Le goût d'être heureux.».. un nouveau titre pour ce livre... une nouvelle occasion, pour moi, de partager avec vous les délicieuses frissonnades de l'art du bonheur.
 
 
 

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Avant-propos

Alors que le XXe siècle tire à sa fin, que les églises ont perdu de leur pouvoir, que les sectes et leurs gourous sont, à juste titre, dénoncés, l’être humain, paradoxalement, se pose encore beaucoup de questions sur le sens de la vie et de la mort.

Tout le monde cherche le bonheur et le bien-être. Pourtant, il y a encore beaucoup d’insatisfaction et de détresse chez certaines personnes, qui souffrent de mal-être. Pourquoi en est-il ainsi? Pourquoi y a-t-il beaucoup d’appelés et peu d’élus? Pourquoi l’être humain refait-il inlassablement les mêmes erreurs, qui le conduisent aux mêmes souffrances, tout au long de sa vie, ou d’une incarnation à une autre, pour ceux et celles qui croient à l’existence de plusieurs vies successives?

Se pourrait-il que la réponse à ces questions soit multiple? C’est ce que je pense.

Il me semble qu’une grande part de la détresse humaine vient d’abord d’un manque de connaissances sur la nature même de l’être humain. Nous ne savons pas qui nous sommes réellement. Nous constatons, bien sûr, que nous avons un corps, mais nous savons aussi que ce corps est éphémère, vulnérable, et qu’il ne constitue qu’un véhicule qu’il nous faudra quitter un jour. Nous ressentons des émotions de tout genre qui nous empêchent de jouir pleinement de la vie et qui nous apportent souvent des maladies, tant physiques que psychologiques. Nous percevons aussi, à l’occasion, une petite voix intérieure qui, telle une flamme vacillante, semble vouloir s’éteindre lorsque s’élèvent en nous des tempêtes d’idées ou de sentiments.

Tant de questions surgissent alors. Est-ce que j’existais avant de naître? Est-ce que je vais continuer de vivre après la mort? Est-ce que je vais revoir tous ceux et celles que j’ai aimés et qui ont quitté la terre? Si la vie continue après la mort, que s’y passe-t-il? Est-ce que je vais y retrouver tout ce que j’aime ici-bas?

Une autre cause de la souffrance humaine réside dans la paresse spirituelle ou l’inertie dans laquelle nous avons tendance à glisser lorsque tout est trop facile. On peut bien sûr penser que l’être humain souffre parce qu’il est malade ou parce qu’il subit des épreuves, mais on pourrait aussi voir les choses sous un autre angle. En effet, on pourrait dire que l’être humain est malade et doit traverser des épreuves parce qu’il n’a jamais appris à trouver le bien-être auquel il est convié.

L’absence d’amour authentique m’apparaît comme une autre cause du mal de l’âme qui nous habite si souvent. Vouloir aimer et être aimé est quelque chose de tout à faitlégitime, mais les problèmes surviennent lorsque nous confondons amour et dépendance, amour et attentes, amour et passion, amour et romantisme, amour et besoins sexuels ou affectifs. Et pourtant, ce sont cette confusion et toutes nos expériences difficiles qui nous permettent de vivre un jour l’expérience de l’amour authentique.

Cette expérience procure un tel bien-être que nous pouvons affirmer vivre alors un genre d’état de grâce. Pour certains, la route sera longue et ardue alors que pour d’autres elle sera plus courte et plus sereine. Cela dépend beaucoup de la volonté de chacun, de la façon dont on s’investit dans l’apprentissage du bien-être.

Par ailleurs, l’art d’être heureux s’apprend à tout âge. Le plus terrible karma peut se transformer très rapidement par l’utilisation volontaire des outils mis à notre disposition pour nous en libérer. Il n’en tient qu’à nous d’agir !

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Retrouver l’enfant en soi

Partir à la découverte et à la rencontre de notre enfant intérieur implique en tout premier lieu que l’on accepte le principe qu’un tel enfant existe maintenant et pas seulement qu’il a existé dans notre passé. Cette prise de conscience est fondamentale pour effectuer le travail de libération de la dépendance affective.

Personnellement, j’ai fait cette prise de conscience tout simplement en écoutant les propos de mon frère Louis qui a, en quelque sorte, déblayé le terrain et m’a devancée par ses propres expériences en ce domaine. Au tout début, lorsqu’il me parlait de l’enfant en lui, je pensais qu’il avait une imagination très fertile. Je voyais cet enfant comme le symbole d’une partie de notre mémoire et n’arrivais pas à me mettre dans la tête qu’il s’agissait de beaucoup plus qu’un symbole, mais bien de quelque chose d’aussi réel que l’adulte que j’étais devenue.

Je devais pourtant admettre que ce que décrivait mon frère, tous ses symptômes de souffrance et son incapacité à éprouver la sérénité de façon durable, ressemblait étrangement à ce que je vivais péniblement depuis des années. Malgré mes succès avec la programmation du subconscient et les grands pas que j’avais effectués dans ma vie professionnelle, je souffrais toujours et me sentais vulnérable. Je me demandais même si toutes les années consacrées à la recherche du bonheur n’avaient été qu’un long détour qui me ramenait au cul-de-sac du début de mon adolescence.

J’observais le visage serein et épanoui de mon frère, et l’écoutais rire de bon cœur en racontant tous ses malheurs passés dont il était enfin libéré. De plus, je m’émerveillais de sa santé, lui qui avait subi trois opérations à cœur ouvert et avait passé des années à consommer de l’alcool pour s’évader de sa souffrance. Je me disais donc qu’il devait sûrement y avoir quelque chose de véridique dans ses propos pour qu’il ait obtenu un tel résultat durable.

Un peu sceptique mais prête à lui accorder le bénéfice du doute, j’ai donc entrepris d’essayer de comprendre le phénomène de l’enfant en soi, mentionné par certains auteurs, comme, par exemple, John Bradshaw dans Retrouver l’enfant en soi. Quelques lectures m’ont appris que notre personnalité est faite de plusieurs composantes, qui jouent des rôles différents selon nos propres besoins de survie. Ces personnages sont notamment l’adulte, le parent nourricier, le parent autoritaire, l’enfant sain ou naturel, et l’enfant adapté ou rebelle.

Les auteurs peuvent apporter quelques variantes aux différentes composantes de notre personnalité mais, dans l’ensemble, ils ont une perception assez semblable. Afin de bien vous faire comprendre les aspects de la personnalité qui ressortent lorsque nous utilisons ces composantes, j’ai retenu les explications de Dorothy Corkille Briggs, tirées du livre Être soi-même publié aux Éditions de l’Homme.

Le Parent-Nourricier fait preuve de sympathie; il démontre, explique, modèle, réagit, partage son pouvoir, apprécie, voit ce qui est bien. Il agit sur l’environnement, non sur l’enfant. Il enseigne: «Tu es différent de ta façon de te comporter.» Il fournit un cadre, des limites solides sans être excessives.

Le Parent-Autoritaire juge, punit, exige trop, recherche la bête noire, garde son pouvoir pour lui seul, cherche à contrôler, remarque ce qui est mal. Il enseigne: «Tu es ce que tu fais.» Il punit. Ou se montre distant, désintéressé. Il dresse des bornes excessivement limitatives (ou ne fournit aucun point de référence).

L’Adulte possède une pensée rationnelle; il est en contact avec la réalité; il préfère un bénéfice à long terme à un plaisir momentané; il juge des diverses éventualités; il se sent responsable envers soi et les autres. Il est celui qui choisit. Il n’écarte aucune possibilité.

L’Enfant-Rebelle se sent démuni, blessé, dépossédé, révolté, inadapté, «mauvais», peu aimable. Sa culpabilité le domine. Il est sensible à la voix du Parent-Autoritaire (il se fortifie des messages négatifs qui en émanent). Il en est la victime. Il souffre.

L’Enfant-Naturel est libre, intuitif; il a le sens du jeu; il est spontané, impulsif, créateur. Il ne craint pas les émotions. Il les exprime. Il sait ce qu’il veut et le moment où il le veut (c’est-à-dire: tout de suite).

Les thérapeutes qui travaillent avec cette approche (appelée aussi analyse transactionnelle) s’entendent tous pour dire que les gens ayant peu ou pas d’estime d’eux-mêmes ont un Parent-Autoritaire très fort et sont très vulnérables au stress. On dit aussi de ces gens que leur faculté de faire des choix, caractéristique de l’Adulte responsable, est diminuée en raison du manque de confiance qu’ils ont en eux-mêmes. Chez ces personnes, l’Enfant-Naturel n’a pratiquement pas de place et c’est alors l’Enfant-Rebelle (ou enfant adapté) qui fait la loi.

Les personnes souffrant de dépendance affectivesont évidemment parmi ces gens n’ayant qu’une faibleestime d’eux-mêmes et dont l’Enfant-Naturel ne s’exprime à peu près jamais. Mais, lorsqu’on comprend tous les rouages de la personnalité, on peut transformer une programmation négative en programmation positive. On redonne plus de place au Parent-Nourricier, qui aide à persévérer, et on reprend contact avec l’Enfant-Naturel après avoir gagné sa confiance.

Personnellement, ne sachant pas trop par quoi commencer pour vivre cette expérience, j’ai tout simplement pris un feuille blanche sur laquelle j’ai écrit: «Petite Michèle, je t’aime.» J’ai aussi écrit chaque étape de ma vie, soit les états de fœtus, de nourrisson, de petite enfant, d’enfant, d’adolescente et d’adulte, suivie de mon prénom, avec la mention que j’aimais cet être à ce stade de la vie. Par exemple: «Fœtus Michèle, je t’aime.» Vous ne pouvez vous imaginer à quel point cet exercice très simple peut avoir des répercussions importantes sur tout le reste de votre vie.

Au fil des mois, j’ai répété mentalement les mots «Petite Michèle, je t’aime» des milliers de fois. En auto, en vélo, en faisant de la marche, en me couchant le soir, et surtout la nuit lorsque je ressentais de la peur ou de l’insécurité.

J’ai aussi pris l’habitude de me frictionner vigoureusement au niveau du plexus solaire, justement à cet endroit où je ressentais une angoisse m’assaillir au moment où je m’y attendais le moins.

De plus, j’ai suivi très rigoureusement les conseils de mon frère en supprimant le plus possible de ma vie, au cours de cette période, toute forme d’activités ou de substances qui auraient pu me distraire de mon but. Par exemple, si je m’éveillais la nuit, au lieu d’aller me chercher quelque chose à boire ou à manger, je profitais de l’occasion pour reprendre ma conversation avec la petite Michèle en lui demandant de me parler, de me livrer ses peines et ses colères. J’ai souvent eu des réponses par le biais de rêves qui m’ont permis de résoudre plusieurs énigmes de ma vie.

Lorsque vous aurez commencé à déblayer le terrain, prenez une feuille blanche et notez les émotions qui vous habitent: colère, peine, peur et joie. Puis prenez le temps d’accueillir et de légitimer chacune d’elles.

La colère est légitime lorsqu’elle se présente parce que vous vous respectez et voulez vous faire respecter. La peine peut s’expliquer par le fait que le besoin de votre enfant intérieur d’obtenir de l’attention et de l’affection n’est pas comblé. Prenez quelques minutes pour satisfaire ce besoin. La peur démontre la présence de l’instinct de conservation qui vous a permis de survivre aux traumatismes et aux dangers que vous avez dû traverser avant de devenir adulte. Rassurez votre enfant intérieur que maintenant vous êtes là et que les dangers sont disparus et ne pourront plus vous atteindre.

Quant à la joie, vous n’y aurez vraiment accès qu’après avoir bien identifié et accueilli les autres émotions. Mais cette joie sera si intense et si réconfortante que vous comprendrez enfin tout le sens de l’expression «déborder de joie».

Une fois cette démarche terminée, utilisez la même approche en identifiant vos sentiments négatifs, comme la honte, la culpabilité, l’impuissance et la peur d’être rejeté. Accueillez ces sentiments pour vous permettre de vous en libérer définitivement. Vous ne serez pas parfaitement guéri d’un seul coup comme si vous aviez utilisé une baguette magique, et vous aurez parfois l’impression de faire des rechutes. Ne vous découragez pas, car je sais, par expérience, que ces moments de faiblesse ne sont que de «petites saucettes en enfer», comme le dit mon frère Louis, qui renforcent le désir de se sortir définitivement de la dépendance affective.

Et tout à coup, vous aurez vraiment la certitude que vous êtes guéri. Vous aurez alors accès à des sentiments positifs comme la paix, la sérénité, le calme et l’amour véritable.

Retrouver l’enfant en soi est donc un défi à relever. Il est facile d’accès mais difficile à vivre en ce sens qu’il vous amènera à vivre et à revivre, tant que vous n’aurez pas complété le processus, des souffrances égales ou même supérieures à celles que vous avez ressenties lorsque vous étiez cet enfant. Ce n’est qu’à ce prix que vous y accéderez. Il y aura des pleurs, des craintes de ne pas survivre et des découragements. Mais, croyez-en mon expérience et le témoignage de milliers d’autres personnes qui ont réussi à traverser ce tunnel, chaque pas est irréversible et conduit vers la liberté et l’indépendance affective.

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